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Claude Chabrol

Claude Chabrol 
Date de naissance : 14 Juin 1930

Après avoir tenu un ciné-club dans la Creuse pendant la guerre, Claude Chabrol, de retour à Paris, suit des études de lettres puis de pharmacie, mais fréquente surtout les cinémas de la ville à raison de plusieurs séances par jour. Il y rencontre de jeunes cinéphiles passionnés avec qui il participe à l'aventure des Cahiers du cinéma de 1952 à 1957, et fait bientôt la connaissance du romancier Paul Gégauff, dont l'influence le détourne de son éducation bourgeoise. Marié très tôt, il est attaché de presse à la Fox avant de profiter d'un héritage de son épouse pour produire Le Coup du berger (1957) de Rivette et réaliser Le Beau Serge (1958), son premier long métrage. En grande partie autobiographique, ce film-clé de la Nouvelle vague est un beau succès public et critique et remporte le prix Jean Vigo.Son deuxième opus, Les Cousins, reçoit l'Ours d'or à Berlin en 1959. Le destin du cinéaste est alors lié à ceux de Gégauff, fidèle coscénariste, et de Stéphane Audran qu'il épouse en secondes noces et dirigera à vingt-trois reprises. Dans les années 60, Chabrol tourne beaucoup, ses films rencontrant des succès divers : Les Bonnes Femmes (1960) ou L' Oeil du malin (1962) déconcertent les spectateurs, qui se montrent plus séduits par Landru (1962) ou les parodies de films d'espionnage commandées par Roger Hanin comme Le Tigre aime la chair fraîche. A la fin de la décennie, sa collaboration avec le producteur André Génovès lui permet de revenir à des oeuvres plus personnelles, comme La Femme infidèle, Le Boucher ou Que la bête meure (1969). Le cinéaste y règle ses comptes avec la bourgeoisie de province en filmant des histoires de crimes et d'adultères, où chacun s'efforce de sauver les apparences plus que la vertu. Bénéficiant de la présence de Belmondo, le satirique Docteur Popaul est, en 1972, l'un des plus gros succès publics du réalisateur, qui fait à la même époque quelques incursions dans le thriller politique (Nada) et le fantastique (Alice ou la Derniere fugue). Mais Claude Chabrol est plus à son affaire lorsqu'il adapte des romans policiers ou s'inspire de faits divers, comme avec Violette Noziere, qui, en 1978, marque le début d'une fructueuse collaboration avec Isabelle Huppert. Dans les années 80, le réalisateur tourne une série de polars aux allures de jeux de massacre, et signe ainsi, avec le concours de grands comédiens, une savoureuse galerie de portraits : Serrault en assassin méthodique dans Les Fantômes du chapelier, Poiret en inspecteur gourmet dans Poulet au vinaigre, ou encore Noiret en vedette de télé cynique dans Masques. Par la suite, c'est pourtant avec de grands personnages de femmes que le cinéma de Claude Chabrol trouvera un nouveau souffle. Si le réalisateur offre à Marie Trintignant son plus beau rôle dans Betty, tourné d'après un roman cafardeux de Simenon en 1992, c'est Isabelle Huppert qui incarne le plus souvent ces héroines, tantôt victimes d'une société oppressante (Une affaire de femmes en 1988, Madame Bovary en 1991) tantôt criminelles perverses (Merci pour le chocolat). En 1995, La Cérémonie, d'après un roman de Ruth Rendell, constitue un sommet de l'art chabrolien, entre peinture sociale et étude de cas clinique. Le maître de la Nouvelle vague s'intéresse ensuite à la jeunesse, faisant appel à Benoît Magimel pour La Fleur du mal puis La Demoiselle d'honneur, nouvelle adaptation de Rendell en 2004. Ignoré par les Césars mais chéri par la critique, le malicieux Chabrol est par ailleurs devenu au fil des ans un personnage médiatique paradoxal, affichant sur les plateaux de télévision une bonhomie qui n'a d'égale que la noirceur de ses films.

THEME DE LA SEMAINE
Films de guerre américains des années 40

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