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Notre petite sœur TP

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Titre original : Umimachi Diary
Fiche mise à jour le 04/12/2018
Classification : Tous publics
Année de production : 2015
Réalisé par : Hirokazu Kore-eda
D'après l'oeuvre originale de : - Akimi Yoshida (d'après le manga de)
Acteurs principaux : Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho
Date de sortie : 28 octobre 2015
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Le Pacte 
Distributeur international : Wild Bunch 
Durée : 127 minutes
Origine(s) : Japon 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : 1.85
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 143325
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%

93 %
(42 votes)
Rottentomatoes
4.75
Synopsis :
Trois sœurs, Sachi, Yoshino et Chika, vivent ensemble à Kamakura. Par devoir, elles se rendent à l'enterrement de leur père, qui les avait abandonnées une quinzaine d'années auparavant. Elles font alors la connaissance de leur demi-sœur, Suzu, âgée de 13 ans. D'un commun accord, les jeunes femmes décident d'accueillir l'orpheline dans la grande maison familiale…

Vos commentaires et critiques :

P.[26]

Attention chef-d'œuvre

C'est une histoire aérienne, enjouée, qui se laisse porter au gré de brises légères. Un récit gracieux sur les choses simples et joyeuses de la vie. L'odeur discrète d'une fleur qui fait remonter les parfums de l'enfance. Les saveurs des petits plats de mère-grand à tout jamais inscrits dans nos papilles. Les arbres fruitiers qui enneigent le printemps de leurs flocons de pétales immaculés… Le cinéma de Kore-Eda, c'est l'invitation à l'eudémonisme, au carpe diem : savoir déguster et embellir le temps qui nous conduit inéluctablement vers la poussière. C'est aussi une leçon de zénitude d'où l'on ressort conquis et apaisé. Un film qui donne faim et soif de nourritures terrestres et de tendresse.

Dans la famille des jeunes filles en fleurs, voici les trois sœurs : Sachi, Yoshino, Chika… Sachi, l'aînée, c'est la moralisatrice raisonnable, celle qui règle le pas de ses cadettes pour faire avancer la maisonnée. Yoshino, la seconde, c'est la contestataire, celle qui s'oppose à tout, raisonne parfois plus que de raison. Quant à Chika, la benjamine, c'est la plus espiègle : une bouille de pitre aux grand yeux pétillants. Trois personnalités tellement fortes et distinctes qu'on reste tout étonné de voir une forme d'harmonie s'épanouir entre elles. Une bonne rasade d'autodérision vient souvent noyer dans l'œuf leurs chamailleries. Elles sont rigolotes, ces filles de chair et d'os qui affichent parfois des mimiques dignes d'un manga. Qu'une tante importune vienne frapper à leur porte pour leur faire la leçon ? Voilà ces demoiselles qui deviennent les meilleures alliées de la terre. C'est qu'elles se sont habituées à se débrouiller seules dans la maison familiale léguée par leurs aînés, et à ne pas compter sur eux pour devenir adultes. La bicoque ancestrale a le charme fou d'une vieille dame qui semble les protéger dans ses jupes bienveillantes. Petit havre immuable préservé dans la cité de Kamakura, ville côtière du sud, par ailleurs dévorée par l'urbanisation galopante.

On le voit bien quand nos héroïnes traversent la ville pour aller travailler, l'une en temps qu'infirmière, l'autre en tant que banquière et la troisième déguisée en étudiante. C'est un ronron bien précis qui anime la mécanique quotidienne de la maisonnée : ces heures où l'on se rassemble autour de la table, celles d'intimité, celles où l'on s'agite dans des tâches collectives. Entre deux espaces de modernité, on alimente les rituels traditionnels, on salue les esprits des femmes absentes, celui de la mère, de la grand-mère qui méritent bien une pensée, un bâton d'encens ou une gourmandise.

Puis, un jour, parvient un faire-part de décès, celui du père qui les as plantées-là vingt ans auparavant, sans un regard en arrière. Un géniteur dont elles avaient presque oublié l'existence et auquel elles ne doivent plus rien. Pourtant… Le poids des conventions, le qu'en-dira-t-on font que, ma foi, Sachi pense qu'il faut se rendre aux funérailles. Un train plus tard, les voilà au sein de montagnes verdoyantes en train de recueillir les condoléances d'inconnus pour la perte de celui qu'elles n'ont pas connu. Enterrement en grande pompe funèbre où l'on peine à s'émouvoir devant tant d'étrangers.

Les mots d'usage raisonnent étrangement : « Merci d'avoir pris grand soin de mon père » s'entend dire Sachi à la dernière compagne de ce dernier qui le lui a volé… Dans le lot, seule une jeune fille se distingue. Présence radieuse dont le sourire intimidé et empreint de tristesse trahit le lien de parenté qui la rapproche d'elles. Les trois reconnaissent instantanément leur demi sœur, fruit d'une parenthèse amoureuse qui a pourtant détruit leur foyer. Sans avoir besoin de se concerter les voilà qui proposent à Suzu d'emménager avec elles…

Composée par Yoko Kanno, la musique semble nous bercer, bienveillante, en murmurant « Cœurs qui souffrez, endormez-vous ! »


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