Homeland : Irak année zéro

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Ce documentaire en deux parties (l'avant et l'après) qui pendant deux ans suit le quotidien de la famille du cinéaste Abbas Fahdel, peu avant la chute de Saddam Hussein, puis au lendemain de l'invasion américaine de 2003.

Partie 1: Avant la chute (2h40)
Partie 2: Après la bataille (2h54)
  • Titre original : Homeland : Irak année zéro
  • Fiche mise à jour le 26/01/2016
  • Année de production : 2014
  • Réalisé par : Abbas Fahdel
  • Date de sortie : 10 février 2016
  • Date de reprise : non renseignée
  • Distributeur France : Nour Films
  • Distributeur international : non renseigné
  • Durée : 334 minutes
  • Origine(s) : Irak
  • Genre(s) : Documentaire
  • Pellicule : couleur
  • Format de projection : 1.85 2K
  • Format son : Dolby 5.1
  • Visa d'exploitation : 143555/143556
  • Indice Bdfci :
    66%
  • 4,2/5
    (115 votes)
    Allociné
    4
    7,5/10
    (198 votes)
    Senscritique
    3.5

Vos commentaires et critiques :

 Irak: le film

C’est une formidable lettre d’amour de près de six heures à un pays martyr et à un jeune garçon parti beaucoup trop tôt et de manière absurde. Abbas Fahdel est né à Hilla, Babylone, en Irak. Mais à 18 ans, le jeune cinéphile a rejoint la France pour y suivre les cours de brillants disparus : Eric Rohmer, Jean Rouch et Serge Daney. Bien évidemment le manque du pays natal et de la famille laissée sur place était une plaie ouverte. En 2002, alors que les discours de Bush laissent présager une attaque américaine imminente, le réalisateur ressent le besoin impérieux de rejoindre sa famille restée à Bagdad et de filmer tout ce qu’il peut de son quotidien. Un an plus tard il doit revenir en France pour la naissance de sa fille. La guerre éclate en mars 2003. Quelques semaines passent et il est de retour en Irak pour filmer un pays dévasté, pour filmer aussi et surtout sa famille et son peuple qui survivent avec un détachement et un humour désarmants… Et puis un événement tragique interrompt brutalement le tournage et Abbas Fahdel se sent incapable de toucher à ses images pendant près de 10 ans. Finalement il se remet à la tâche pour constituer un film avec des centaines d’heures de prises de vue et construire ainsi une incroyable fresque impressionniste, la destinée d’un peuple avant et après Saddam… et aussi pour ressusciter un être cher… Dans la lignée du grand Wiseman et de ses films fleuves sans commentaires inutiles, Abbas Fahdel nous décrit admirablement toute une époque en même temps que l’absurdité d’une histoire chaotique.

La première partie nous plonge avec humour dans un univers kafkaïen où l’on regarde via le satellite des dessins animés japonais entrecoupés de discours de Saddam, que l’on croirait sortis de la télévision nord-coréenne. Il nous fait suivre la vie quotidienne parfois ubuesque de cette famille, avec notamment ses nièces bien décidées à poursuivre des études envers et contre tout, avec Haidar, ce neveu facétieux qui prend tout en dérision… Et alors que la guerre se profile, tout le monde, alors mêmes que beaucoup ont déjà vécu en 1991 la première guerre du Golfe et le terrible embargo (dont Abbas Fahdel dit que, plus encore que l’invasion, il a forgé des djihadistes en puissance), reste dans l’attente avec philosophie.

La deuxième partie est celle de la découverte du chaos, notamment au côté de cet acteur incroyable, Sami Kaftan, sorte de Depardieu irakien, qui cherche désespérément dans les ruines de la cinémathèque de Bagdad la trace de films éventuellement épargnés. Et puis il y a la montée de l’insécurité, les bavures terribles des Américains, capables d’abattre un jeune homme qui portait une bobine d’allumage qu’ils ont prise pour une bombe, sans s’excuser auprès de la famille, capables aussi de faire sauter un dépôt de munitions sans prévenir les habitants aux alentours, laissant derrière eux des maisons détruites et des enfants blessés. On devine alors les ferments de la haine qui a nourri les fanatiques…