Blackbird

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Lily et son mari Paul décident de réunir enfants et petits-enfants pour un week-end dans leur maison de campagne. Trois générations d’une même famille se retrouvent, avec Jennifer, l’aînée, son mari Michael et leur fils de 15 ans, Jonathan, mais aussi Anna, la cadette, venue avec Chris, sa compagne. En fait, cette réunion de famille a un but bien particulier : atteinte d'une maladie dégénérative incurable, Lily refuse de subir une fin de vie avilissante et décide de prendre son destin en main. Mais tout le monde n’accepte pas cette décision. Non-dits et secrets remontent à la surface, mettant à l’épreuve et redessinant tous les liens qui unissent les membres de cette famille, alors que le temps des adieux approche…

Vos commentaires et critiques :

Une grande réunion de famille s’annonce dans cette belle résidence de campagne et on se sent en terrain connu : après tout, « Fête de famille », c’était le titre d’un film français (réalisé par Cédric Kahn) sorti il n’y pas si longtemps… C’est chouette les histoires de tribus qui se rassemblent, ça nous rappelle forcément quelque chose, ça nous parle toujours de nous, de ceux qu’on connaît ou qu’on a connu, qu’on aime ou qu’on a aimés.
Lily et Paul, couple vieillissant mais visiblement toujours complice et amoureux, s’apprête à accueillir celles et ceux qui comptent pour eux : Jennifer, la fille aînée, responsable, organisée, sans doute trop, arrive la première avec son mari Michael, grand gars gentil comme tout qui semble un peu à la remorque de sa maîtresse femme, et leur fils de 15 ans, Jonathan, tête à claques juste ce qu’il faut pour un adolescent de son âge, mais à l’intelligence et à la sensibilité vives, de toute évidence. La fille cadette, Anna, est tout l’inverse de sa sœur : bordélique, instable, à fleur de peau. Elle est accompagnée de Chris, ex-petite amie redevenue d’actualité, qui n’a pas oublié non plus d’être futée. Il y a même une invitée surprise : Liz, la meilleure vieille amie de Lily, et qui la connaît sans doute mieux que personne.
Ils sont venus, ils sont tous là, avec leurs bagages pour le week-end et… autre chose qu’on n’attend pas vraiment dans de telles circonstances : une gravité, une tristesse même, dont il faut dire qu’elles sont présentes depuis les premières images du film. Car c’est ici qu’il faut révéler le motif de cette réunion. Et c’est ici que vous pouvez arrêter de lire ce texte si vous souhaitez ne pas savoir – mais vous aurez du mal parce que la bande annonce est très explicite et que la presse le sera tout autant, et c’est logique parce que c’est le sujet central du film, son cœur, sa force.
Si toute la famille et la meilleure amie sont réunies, c’est pour fêter le dernier week-end de la vie de Lily. Elle est atteinte d’une maladie dégénérative incurable, elle le sait, elle a décidé en toute conscience de ne pas attendre que cette saloperie la prive du contrôle de son corps et de son esprit, elle a choisi de mourir tant qu’elle est encore en vie, pleinement. Elle a fixé le jour, ce sera lundi, c’est après-demain, c’est maintenant. Paul s’est procuré le produit létal via internet, il connaît la dose nécessaire – il est médecin –, il préparera le verre, il sera évidemment à ses côtés quand Lily le boira.
Tout le monde est au courant de la décision de Lily, tout le monde l’a acceptée. C’était la condition sine qua non à cette fête de départ. Mais entre accepter l’idée et se retrouver face-à-face avec sa réalité, sa concrétisation, il y a plus qu’un pas, un gouffre qui s’ouvre sous les pieds de ceux qui sont là par amour pour cette femme remarquable. Chacun va réagir comme il peut, les failles vont se révéler, les contradictions se faire jour, les relations exploser pour éventuellement se renforcer, les caractères se forger. Le film réussit parfaitement ce portrait de groupe en risque permanent de déséquilibre, ne sacrifie aucun des personnages qui ont tous une véritable épaisseur et une belle capacité à nous surprendre. Il y a presque autant de séquences drôles que de moments bouleversants, c’est la vie dans tout son foisonnement qui s’exprime à chaque instant, sans que jamais on oublie la mort dont on ne peut pas dire qu’elle attend son heure puisque ce n’est pas elle qui l’a choisie.