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In the Fade

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Titre original : Aus dem Nichts
Fiche mise à jour le 17/01/2018
Année de production : 2017
Réalisé par : Fatih Akin
Date de sortie : 17 janvier 2018
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Pathé Distribution 
Distributeur international : Pathé International 
Durée : 106 minutes
Origine(s) : Allemagne France 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : Scope
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : non renseigné
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
77%
Synopsis :
La vie de Katja s’effondre lorsque son mari et son fils meurent dans un attentat à la bombe.
Après le deuil et l’injustice, viendra le temps de la vengeance.

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In_the_Fade

CANNES 2017: COMPÉTITION

La loi de Caïn

Né de parents turcs en 1973, le réalisateur allemand Fatih Akin s’est imposé avec son premier long métrage intitulé L’engrenage (1998), couronné du Léopard d’argent à Locarno, lui-même suivi de Head On, Ours d’or et prix Fipresci à Berlin en 2004. Après le documentaire musical Crossing the Bridge, présenté en séance spéciale à Cannes en 2005, il a accompli ses débuts en compétition avec De l’autre côté, qui lui a valu les prix du scénario et du jury œcuménique en 2007. Akin signe avec In the Fade (Aus dem nichts) un thriller interprété par Diane Kruger (dont c’est curieusement le premier rôle dans son pays natal) situé dans le cadre de la communauté turque de Hambourg. À la suite d’un attentat terroriste dans lequel ont péri son mari et son fils, une femme entreprend de se reconstruire en faisant justice elle-même. Également au générique, on retrouve Numan Acar, déjà à l’affiche de The Cut (2014) du même Fatih Akin, et Ulrich Tukur (La vie des autres). Distribué en France par Pathé, qui en assure également les ventes internationales, In the Fade sortira le 23 novembre sur les écrans allemands.

In the Fade est une fiction puissante et sombre, construite à rebours. Elle commence par une descente aux enfers, opère une remontée vers les limbes pour se conclure par une impossible rédemption. Donner corps et âme à cette épreuve sans pathos inutile, sans que cela devienne ridicule était un pari particulièrement périlleux que Diane Kruger relève avec une présence et une force de conviction hors normes, qui justifient amplement son prix d’interprétation à Cannes. Époustouflante, crédible de bout en bout, elle rend palpable les sentiments contradictoires qui agitent son personnage, Katja. Elle est la première raison de ne pas passer à côté de ce film non consensuel. S’il ne s’affiche pas comme un pamphlet politique, les interrogations qu’il déploie le sont. In the fade questionne en filigrane l'attitude de la police, l’application de la loi, la manière dont une partie de la population turco-allemande a trop vite été cataloguée et stigmatisée lors des attentats perpétrés principalement contre elle par l’extrême-droite néo-nazie du NSU (traduction littérale de l'acronyme : Clandestinité Nationale Socialiste). Une fois de plus, Fatih Akin transmet le point de vue trop rare des enfants d’immigrés.
Ceux qui ont connu des débuts de parcours chaotique savent d’autant mieux profiter des instants de simple bonheur. Les petits déjeuners en famille, les gestes doux qui coulent de source, Katja et Nuri les dégustent d’autant plus qu’ils ont été séparés et qu’il leur a fallu ramer à contre-courant pour mener enfin une vie dite « normale ». Se marier en prison, fuir leurs vieux démons, éviter les mauvaises fréquentations, trimer dur pour obtenir des diplômes et puis s’émerveiller à la naissance de leur fils Rocco, le regarder grandir… Le fruit de l’amour de la belle Allemande aux yeux bleus et du Turc au regard noir est un petit bonhomme délicieux au regard noisette, à la bouille aussi ronde que ses lunettes. Du premier coup d’œil on perçoit sa nature rigolarde, joviale, on devine quel bel adulte il deviendra. Ce jour-là, quand Katja laisse Rocco au bureau avec son père, elle est loin d’imaginer qu’elle ne les reverra pas.
À son retour le soir, ce ne sont pas les baisers de ses deux amours qui l’attendent, mais des gyrophares qui clignotent tels de funestes guirlandes sonnant le glas de noëls qui ne viendront plus. Dans la rue sombre et agitée, Katja se débat seule contre l’impensable, la perte de ceux qu’elle chérissait, pulvérisés dans un attentat à la bombe. On lui a volé son fils. On lui a volé son homme. On lui a même volé la possibilité de pleurer sur leurs dépouilles. Et comme si cela ne suffisait pas, on lui vole son statut – leur statut – de victime. Le flic qui l’interroge sur le vif et sans ménagement ne se gêne pas en effet pour insinuer que Nuri n’est sûrement pas étranger à ce qui est arrivé, pour le considérer comme un coupable potentiel, rajoutant à l’insoutenable. Officiellement on aimerait vite classer l’affaire comme un vulgaire règlement de compte entre bandes rivales turques. Katja, tout en sombrant au plus profond du désespoir, sent sourdre une violente colère, le désir de réhabiliter son époux, de comprendre la mort de son enfant, de coincer les coupables. D’autant plus quand elle prend conscience qu’elle a croisé la poseuse de bombes, laquelle, loin d’être une noiraude, est une jeune Aryenne de souche aussi blonde qu’elle-même…

 


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