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Grass -12

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Titre original : Grass
Fiche mise à jour le 24/12/2018
Classification : Interdit aux moins de 12 ans
Année de production : 2017
Réalisé par : Hong Sang-soo
Acteurs principaux : Kim Min-hee, Jung Jin-young, Gi Ju-bong
Date de sortie : 19 décembre 2018
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Les Acacias 
Distributeur international : Finecut 
Durée : 66 minutes
Origine(s) : Corée du Sud 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : noir et blanc
Format de projection : 1.85
Format son : Dolby SR VOSTFR
Visa d'exploitation : 150038
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%
Synopsis :
Au bout d’une allée, un café que personne ne s’attendrait à trouver. Les gens s’assoient et parlent de leur vie. Au fil du temps, les clients se côtoient et apprennent à se connaître. Une femme les observe et semble mettre par écrit leurs pensées. La nuit commence à tomber mais tous restent dans le café.

Vos commentaires et critiques :

Grass

C’est dans un petit café niché au croisement de ruelles tranquilles que se déroule ce film aussi concis que brillant, signé du très productif réalisateur coréen Hong Sangsoo. Est-ce en raison de l’atmosphère paisible des lieux, tenu par un propriétaire discret et féru de musique classique, ou pour l’abri qu’il fourni face aux tumultes de la ville ? Toujours est-il que ce bistrot inspire visiblement les confidences. L’espace d’une journée, une poignée de femmes et d’hommes y passent un peu de temps, se parlent de choses et d’autres, apprennent à se connaître. Au coin de la pièce, une femme seule semble les observer et mettre par écrit leurs échanges. A moins que ces clients ne soient que le fruit de son imagination ? Inspiration ou création : ce café devient vite le théâtre d’un petit jeu de piste où l’on se plaît à déceler les indices qui sépareraient le réel de la fiction. Et en très peu de temps, l’air de rien, Hong Sangsoo déploie un film remarquablement construit qui saisit par sa capacité à parler de choses graves – la culpabilité, le deuil, l’illusion de l’amour – avec une élégante légèreté.
Fidèle à ses méthodes de mise en scène, le cinéaste donne à voir une succession de saynètes – presque toujours une femme et un homme attablés face à face – dont l’imbrication apparaît progressivement. Il y a d’abord ces deux jeunes amis, ou amants peut-être, qui se rejettent la responsabilité de la disparition d’une amie commune qui s’est ôtée la vie. Elle venait lui dire qu’elle partait pour un long voyage, mais n’a pas résisté à lui dire combien elle lui en voulait qu’il continue sa vie sans montrer de signes de culpabilité. Il y a aussi cet auteur en pleine phase d’égarement, qui dit chercher un élan nouveau pour retrouver l’inspiration. Il demande à son amie si elle accepterait d’écrire avec lui. Bien consciente de l’ambiguïté de la proposition, elle préfère décliner en arguant que le processus de création est un acte solitaire. Et que, de toute façon, elle voit quelqu’un d’autre en ce moment… Enfin, il y a cet homme, jadis acteur, qui tente de remonter la pente après une phase de désespoir amoureux. Face à lui, une ancienne amie venue de sa campagne pour prendre de ses nouvelles. À peine ont-ils repris contact qu’il la met dans l’embarras en lui demandant de l’accueillir temporairement chez elle. 
Et puis, tout à fait à part, il y a cette femme solitaire qui ne cesse de prendre des notes. Elle aussi semble avoir quelques comptes à régler avec l’amour et la création. Lorsque son frère la rejoint pour déjeuner accompagné de sa future épouse, elle se lance dans une diatribe incommodante sur les illusions de l’amour, reprochant aux jeunes fiancés de s’engager sans réellement se connaître. Au gré des pauses fumeurs devant le café, et l’étroitesse des lieux aidant, tous ces personnages vont se mêler et trouveront certainement chez les autres quelques miroirs pour leur renvoyer leurs propres vérités. 
Petit bijou aux procédés épurés, Grass frappe par l’aisance avec laquelle Hong Sangsoo passe des sentiments de gravité et de pessimisme à l’humour et la dérision. C’est que le cinéaste explore toujours les choses et leur double, avec une rigueur quasi symétrique. Aux intérieurs nappés de musique lyrique répondent les extérieurs secs et sans artifices. De même, chaque scène en appelle une autre qui, tôt ou tard dans le film, en expose le revers. Disposé sur toute la surface du film, le regard sur le processus artistique rappelle sans cesse que tout cela n’est qu’un jeu. Il suffirait d’un revers de main pour que le créateur balaie ses personnages. Il en est tout autrement, le cinéaste abordant davantage l’exercice créatif comme une toile jetée au dessus des vides de l’existence, comme une passerelle entre les êtres et leurs incompréhensions.


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