Accueil » Films » Année 2016 » » Description générale

Que le Diable nous emporte 3D

Vous aimez ce film, notez le !
La note moyenne actuelle est de 14,00 pour 1 vote(s)
Vous connaissez ce film ? Vous l'avez vu ?
Cette fiche est certainement incomplète !
Et vous pouvez l'enrichir de manière très simple !
Il suffit de vous inscrire, de vous connecter et d'ajouter des renseignements !
Ces renseignements seront validés puis disponibles, pour tous, et vous aurez contribué à la plus grosse base de données cinématographique française !
Titre original : Que le Diable nous emporte
Fiche mise à jour le 29/01/2018
Année de production : 2016
Réalisé par : Jean-Claude Brisseau
Date de sortie : 10 janvier 2018
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Les Acacias 
Distributeur international : WTFilms 
Durée : 98 minutes
Origine(s) : France 
Genre(s) : Erotique 
Pellicule : couleur
Format de projection : 1.85 (2D et 3D)
Format son : Dolby SR
Visa d'exploitation : 144044
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
75%
Synopsis :
Camille, belle femme dans la quarantaine, ramasse le téléphone portable que Suzy a perdu dans une gare.
Quand Suzy appelle son propre numéro, elles conviennent d’un rendez-vous chez Camille pour que la jeune femme puisse récupérer son bien. Pendant cette rencontre, Suzy fait aussi la connaissance de Clara, la compagne de Camille. Mais elles sont interrompues par Fabrice, amant éconduit de Suzy, ivre, qui essaye de ramener la jeune femme à lui. Pendant que Clara emmène Suzy se cacher dans un appartement au-dessus du leur, où loge déjà l’étrange «« Tonton », vieux sage épris de yoga, Camille tâche de calmer Fabrice et peu à peu, le console.
C’est dès lors un étrange chassé-croisé qui commence : Camille noue une histoire passionnée avec Fabrice, tandis que Tonton initie Suzy à la méditation et à la lévitation.
Peu à peu, chacun trouve sa propre voie vers le bonheur, sa propre place dans le jeu des sentiments.

Vos commentaires et critiques :

Que_le_Diable_nous_emporte

Deux femmes en couple dans un appartement, bientôt rejointes par une troisième, plus jeune, qui cherche à échapper à un de ses amants ne pouvant plus se passer d’elle. Le chassé-croisé des sentiments, la libre union des chairs et la recherche de cet amour qui transcende tout : voilà le grand sujet que Jean-Claude Brisseau ne cesse d’explorer et qui nous a tant touché chez lui, de Céline à La Fille de nulle part en passant par Les Anges exterminateurs. De la même façon,Que le diable nous emporte s’attache à trouver chez ses personnages ce point d’incandescence où l’amour est si fort qu’il fusionne avec une forme de surnaturel très singulier, élevant le rapport sexuel à une expérience métaphysique, sensuelle et mentale à la fois. On pourra reprocher à Brisseau beaucoup de choses, y compris son obsession pour le sexe féminin, mais on ne pourra pas lui enlever la sincérité un peu folle qui transparaît à travers ses films. Il y a dans Que le diable nous emporte une façon très frontale d’aborder de « grands » sujets : l’amour, la quête du bonheur, la rémission, la croyance en l’autre. Cela ne plaira pas à tout le monde. Ceux qui sauront l’apprécier – c’est notre cas ! – éprouveront le plaisir de voir se révéler, sous des apparences un peu abruptes, un univers sans fard au charme unique, profondément érudit et d’une vivifiante candeur. 
Camille est une femme mûre, meurtrie par un passé douloureux, qui a trouvé refuge auprès de Clara. Elles vivent en couple un peu à l’abri du monde extérieur, le temps que Camille reprenne ses forces pour mener une vie ordinaire. C’est en ramassant un téléphone portable que Camille va faire la connaissance de Suzy, belle femme d’une génération de moins qu’elle, dont Camille s’aperçoit qu’elle échange par messages des photos érotiques d’elle avec plusieurs hommes. Lors de leur première rencontre, Camille ne peut s’empêcher de demander à Suzy ce qui la motive à agir ainsi. Car justement, pour guérir de son passé, Camille travaille à sublimer le corps des femmes en réalisant des compositions de nus-artistiques. Entre les deux femmes, le désir ne tardera pas à naître. Mais c’est au tour de Suzy d’être rattrapée : Fabrice, un de ses nombreux amants qu’elle ne veut plus voir, la poursuit dangereusement. Dans l’appartement, Suzy reste en sécurité auprès de Camille, tandis que Clara, partie négocier avec l’ancien amant, cède peu à peu aux charmes de Fabrice…
Cette intrigue qu’on jugerait volontiers trop vaudevillesque est en réalité très vite absorbée par l’univers cinématographique sans pareil de Jean-Claude Brisseau. Si les situations paraissent légèrement surannées, c’est pour mieux faire la part belle aux préoccupations philosophiques et morales du cinéaste. Ce qui circule entre les êtres, la signification enfouie de leurs désirs et un appétit certain pour l’expérimentation sexuelle sont au cœur de Que le diable nous emporte. Le film exalte avec fraîcheur une belle idée de la complicité et du plaisir féminin autour des trois femmes emmenées par l’excellente Fabienne Babe. Une fois de plus, Brisseau ajoute une dimension mystique à son film à travers le drôle de personnage de « Tonton », sorte de vieux sage yogi arpentant l’appartement du dessus et veillant moralement sur le trio d’héroïnes. Brisseau ose décidément tout, même les scènes les plus invraisemblables où le spirituel et le charnel se fondent dans un élan cosmique. Son cinéma peut tout se permettre, et pour cause : il ouvre les portes de la sublimation des êtres par l’amour.


Retour Haut de page