Accueil » Films » Année 2017 » » Description générale

Sicilian Ghost Story -12

Vous aimez ce film, notez le !
La note moyenne actuelle est de 17,00 pour 1 vote(s)
Vous connaissez ce film ? Vous l'avez vu ?
Cette fiche est certainement incomplète !
Et vous pouvez l'enrichir de manière très simple !
Il suffit de vous inscrire, de vous connecter et d'ajouter des renseignements !
Ces renseignements seront validés puis disponibles, pour tous, et vous aurez contribué à la plus grosse base de données cinématographique française !
Titre original : Sicilian Ghost Story
Fiche mise à jour le 18/05/2018
Classification : Interdit aux moins de 12 ans
Année de production : 2017
Réalisé par : Fabio Grassadonia, Antonio Piazza
D'après l'oeuvre originale de : - Marco Mancassola (Un cavaliere bianco)Date de sortie : 13 juin 2018
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Jour2Fête 
Distributeur international : The Match Factory 
Durée : 126 minutes
Origine(s) : Italie France Suisse 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : 2.35 Scope
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 145610
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%
Synopsis :
Dans un village sicilien aux confins d’une forêt, Giuseppe, 13 ans, disparaît. Luna, une camarade de classe, refuse la disparition du garçon dont elle est amoureuse et tente de rompre la loi du silence. Pour le retrouver, au risque de sa propre vie, elle tente de rejoindre le monde obscur où son ami est emprisonné et auquel le lac offre une mystérieuse voie d’accès. Conte fantastique, « Sicilian Ghost Story » revisite le mythe de de Roméo et Juliette dans le monde impitoyable de la mafia.

Vos commentaires et critiques :

Sicilian_Ghost_Story

SEMAINE DE LA CRITIQUE 2017 (OUVERTURE)

Romé et Juliette en terre mafieuse

Après y avoir présenté en 2013 leur premier opus, Salvo, Fabio Grassadonia et Antonio Piazza reviennent à la Semaine de la critique pour en faire cette fois l’ouverture. Sicilian Ghost Story s’inspire d’un fait divers particulièrement odieux qui avait ébranlé l’Italie, pourtant tristement habituée aux crimes de la mafia. Alors qu’il n’a que 14 ans, Giuseppe Di Matteo est enlevé par un commando et séquestré dans une cave. Il s’agit pour Cosa Nostra de faire pression sur son père devenu un repenti. Mais celui-ci ne cède pas, et au bout de 779 jours de captivité, l’enfant est étranglé et son corps dissout dans l’acide pour empêcher toutes funérailles. Le film, qui n’est en aucun cas une reconstitution, épouse le point de vue de la jeune Luna qui n’accepte pas la disparition de ce camarade de classe dont elle est amoureuse. Elle décide de partir à sa recherche en se nourrissant de la force de ses rêves. Un personnage fictif inspiré par Il cavaliere bianco, nouvelle de l’auteur italien Marco Mancassola. Le film a été tourné au nord de la Sicile, dans les Monts Nébrodes, à l’automne dernier. Il est notamment porté par l’interprétation de la jeune Julia Jedlikowska, dans le rôle de Luna. "Notre directeur de la photographie, Luca Bigazzi, l’avait baptisée ‘Terminator’. Rien ne semblait pouvoir l’arrêter : courir dans les bois, nager dans un lac de montagne en plein automne, s’enfuir devant un chien, jouer un long monologue, grimper des escaliers, se battre avec son père dans un couloir… Elle pouvait répéter les scènes plusieurs fois, prise après prise, inlassablement, tout en conservant une grande précision dans son jeu", soulignent les deux cinéastes.

Dans un village sicilien presque hors du temps, Giuseppe et Luna, 13 ans tous les deux, sont amoureux et heureux de l'être, malgré le gouffre qui sépare leurs deux familles, qui ne veulent pas entendre parler de ce flirt. Géographiquement c'est même une forêt qui sépare les maisons des deux adolescents, une forêt qu'il leur faut traverser pour se retrouver, en sursautant à chaque pas entre hibou interloqué et chien fou furieux.
La texture du conte nimbe les premiers pas du récit, qui très vite bascule de l'idylle ado en une violente affaire de vendetta. Car Giuseppe, fils d'un gros mafieux ayant décidé, une fois arrêté par les flics, de négocier sa peau en balançant ses complices, est enlevé puis séquestré. Ses geôliers, d'anciens « amis » de son père en réalité, espèrent ainsi faire taire le bavard. Mais rien ne se passe comme prévu : les photos du gamin de plus en plus amaigri et hagard, les lettres qu'on l'oblige à écrire pour supplier le paternel de le sortir de son trou, rien n'y fait, aucun résultat.
Pendant ce temps, à l'air libre mais quand même enfermée dans le monde sans morale des sociétés ployant sous corruption de la pègre, Luna se démène pour comprendre pourquoi, du jour au lendemain, son petit ami a disparu et ne donne plus de nouvelles. La place du garçon dans la salle de classe reste vide au fil des mois qui passent, et même les profs ne semblent pas trouver ça anormal. Chacun doit s'occuper de ses affaires et ne surtout pas chercher à comprendre ce qui arrive aux autres.
Sicilian ghost story s'appuie sur l'histoire vraie du fils de Santino Di Matteo, un caïd impliqué dans l'assassinat du juge Falcone et qui, tombé entre les mains de la police, a accepté de coopérer. Son fils Giuseppe, 11 ans, fut alors kidnappé et séquestré par Cosa Nostra. La figure de Luna est, elle, a priori fictive, inspirée d'une nouvelle traitant de la même affaire, écrite par l'écrivain Marco Mancassola. (d'après D. Péron, Libération)
Plusieurs genres cinématographiques sont convoqués pour raconter cette histoire, entre drame d'amour à la Roméo et Juliette, thriller criminel et fable fantastique (on pense plus d'une fois au Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro), avec des séquences oniriques qui ouvrent vers l’espoir là où la réalité semble bouchée. Les rêves mutuels des deux adolescents qui se rejoignent tendrement réalisent ensemble un amour impossible là où les adultes ont abdiqué. Croire à ses rêves pour affronter la réalité, telle est peut-être la leçon de ce beau film troublant.


Retour Haut de page