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Valley of Love TP

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Titre original : Valley of Love
Fiche mise à jour le 06/02/2019
Classification : Tous publics
Année de production : 2015
Réalisé par : Guillaume Nicloux
Date de sortie : 17 juin 2015
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Le Pacte 
Distributeur international : Le Pacte 
Durée : 92 minutes
Origine(s) : France 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : Scope
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 140204
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%

3,4/5
(1 003 votes)
Allociné
3
70 %
(27 votes)
Rottentomatoes
3.5
Synopsis :
Isabelle et Gérard se rendent à un étrange rendez-vous dans La Vallée de la Mort, en Californie. Ils ne se sont pas revus depuis des années et répondent à une invitation de leur fils Michael, photographe, qu'ils ont reçue après son suicide, 6 mois auparavant. Malgré l'absurdité de la situation, ils décident de suivre le programme initiatique imaginé par Michael…

Vos commentaires et critiques :

P.[13]

SPÉCIAL CANNES

« - Oh putain, la chaleur ! » En une seule phrase Gérard rend palpables les cinquante degrés qui s'abattent sur ses épaules et qui ne le lâcheront plus, nuit et jour, durant son séjour dans la Vallée de la Mort. Comme son ex-compagne, Isabelle, qu'il n'a pas revue depuis des années, il a reçu une lettre de Michaël, leur fils qui s'est suicidé six mois plus tôt, leur enjoignant de se retrouver à cette date bien précise dans cet endroit aussi magique qu'infernal. Ce qu'Isabelle aborde comme une énigme avec des réponses à découvrir à la clef, Gérard le vit comme une véritable punition infligée depuis l'au-delà, sadiquement, par leur rejeton. C'est que Michaël a tout prévu pour cette semaine que doivent passer ensemble ses deux parents. D'abord le fait que ni l'un ni l'autre ne sauraient lui refuser cette dernière volonté. Ensuite, tout est méticuleusement indiqué dans sa missive posthume : l'ordre des lieux touristiques à visiter, les horaires à respecter. Pour être sûr de bien les ferrer, il a pimenté la chose d'une dimension thaumaturgique, promettant lui aussi de se rendre au rendez-vous : tel un revenant ? Voilà les ex-amants prisonniers d'un étrange pèlerinage que jamais ils n'auraient souhaité et dont ils ne peuvent imaginer les conséquences.

Ces retrouvailles imposées résonnent de manière étrange. Elles sont autant celles des personnages que celles d'Isabelle Huppert et de Gérard Depardieu, qui n'avaient pas tourné ensemble depuis 35 ans et Loulou, de Maurice Pialat – Valley of love est par ailleurs produit par Sylvie Pialat, la veuve du cinéaste. Les protagonistes de l'histoire sont, eux aussi, acteurs. Et la coïncidence d'avoir un réalisateur qui porte le prénom de Guillaume, comme le fils défunt de Depardieu, rajoute un peu au trouble ambiant. Les dialogues savoureux semblent autant de fils d'Ariane lançant une passerelle entre la vraie vie des deux artistes et la trame de l'intrigue. On rit de leurs facéties. Des farces que Gérard fait au commun des mortels en signant un autographe. On goûte leur l'humour, leur sens de l'auto-dérision, de l'auto-critique. Isabelle constatant : « Tu les as bien épuisées, les femmes de ta vie », Gérard essoufflé par sa propre envergure ogresque lui répliquant : « Je me suis surtout bien épuisé moi ».

Les heures s'écoulent, succulentes ou douloureuses, entre ce père et cette mère, faisant remonter les amertumes du passé, les rancœurs mal lavées, les culpabilités qu'on ne parvient jamais à enfouir définitivement. Et on en vient à les aimer, à guetter, à espérer avec Isabelle le retour du fils prodigue, son souffle, son pardon. Ce passage obligé, presque initiatique, agit comme une catharsis. Les deuils y sont multiples. Celui des corps, de la jeunesse perdue, de l'enfant disparu, des parents qu'ils auraient voulu être mais n'ont pas été. Les voilà à découvert, sans pouvoir se fuir, sans pouvoir ni complètement s'aimer, ni complètement se haïr. Riches de ne plus être dans le paraître, de n'avoir plus à se justifier. Et nous voilà touchés. Abasourdis par le panorama écrasant et somptueux de cette Amérique torride, extrême. Émus par un homme, une femme, par le voyage qu'offrent ces corps qu'on survole comme des paysages où le temps a gravé son empreinte, révélatrice de vécus, de choix de vie si différents. On en ressort bluffés par ces deux monstres du cinéma, Huppert et Depardieu, immenses acteurs sur lesquels tout repose, cette alliance sacrée entre un mammouth funambule et une souris tragédienne.


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