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A Bigger Splash

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Titre original : A Bigger Splash
Fiche mise à jour le 21/04/2016
Année de production : 2015
Réalisé par : Luca Guadagnino
Date de sortie : 06 avril 2016
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : StudioCanal 
Distributeur international : StudioCanal 
Durée : 124 minutes
Origine(s) : Italie France 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : 1.85
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 144227
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
77%

2,9/5
(192 votes)
Allociné
2
89 %
(133 votes)
Rottentomatoes
4.5
Synopsis :
Lorsque la légende du rock Marianne Lane part sur l’île méditerranéenne de Pantelleria avec Paul, son compagnon, c’est pour se reposer. Mais quand Harry, un producteur de musique iconoclaste avec qui Marianne a eu autrefois une liaison, débarque avec sa fille Pénélope, la situation se complique. Le passé qui ressurgit et beaucoup de sentiments différents vont faire voler la quiétude des vacances en éclats. Personne n’échappera à ces vacances très rock’n’roll…

Vos commentaires et critiques :

VU EN 2018


A_Bigger_Splash.[1]

Sirocco

Les cinéphiles ne seront pas surpris par le scénario de ce film délicieusement italien au casting international. Puisque A Bigger Splash n’est ni plus ni moins que le remake de La Piscine de Jacques Deray, film culte qui rendit folle de désir pour Alain Delon toute une génération de spectatrices à la fin des années 60. Dans La Piscine, Jean-Paul (Alain Delon), agent publicitaire, coulait une vie de farniente sur la Côte d’Azur dans une villa avec piscine avec Marianne (sublime Romy Schneider), jusqu’à la visite surprise de Harry (Maurice Ronet), playboy patenté vieillissant et ancien amant de Marianne, accompagné de sa fille Pénélope, lolita troublante (Jane Birkin). Une visite qui allait semer le trouble et le chaos, le jeu des rancœurs et des désirs refoulés faisant son œuvre. Le réalisateur Luca Guadagnino, étoile montante du cinéma italien depuis Amore, fascinant portrait acide de la haute bourgeoisie milanaise vaine et tourmentée par ses secrets de famille, a déplacé le film de la Côte d’Azur à l’île italienne de Pantelleria, petit bout de terre coincé entre la Sicile et la Tunisie, et aujourd’hui tout comme Lampedusa, terre où échouent de nombreux migrants. Marianne est toujours Marianne, mais elle est est interprétée par la sublime actrice britannique Tilda Swinton, récemment vue dans The Grand Budapest Hotel ou Ave Cesar : le personnage est devenu une immense star de glam rock qui vient de subir une opération des cordes vocales, et qui est au repos forcé loin de sa carrière, des arènes musicales, des fans et du milieu tonitruant de la musique. Jean-Paul a perdu la moitié de son prénom : le personnage de Paul est un documentariste tourmenté et alcoolique qui rentre en désintox dans ce cadre idyllique propice. Mais il n’a rien perdu de son sex-appeal par rapport à Alain Delon, puisqu’il est incarné par le Belge Mathias Schœnaerts, l’homme qui faisait oublier les orques à Marion Cotillard. Harry est toujours Harry, il est l’ancien agent de Marianne, et il est désespérément intarissable sur les anecdotes autour du rock, sa collaboration avec les Rolling Stones, ou les petites histoires de la carrière de Marianne. Pénélope est toujours Pénélope, et toujours aussi troublante puisqu’incarnée par Dakota Johnson.  Par rapport à l’original, auquel on ne manquera pas de le comparer, le petit détail qui apporte une touche remarquable est le mutisme de Marianne, qui en convalescence, s’exprime par onomatopées, clins d’œil, haussements de sourcils. Et le jeu remarquable d’une Tilda Swinton toute en retenue permet, quand la situation bascule, de nous faire ressentir avec force la montée d’une violence sourde. Le choix de Pantelleria, cet îlot aux roches volcaniques à la fois paradisiaque et étouffant où souffle continuellement le sirocco, accentue le paradoxe entre la sérénité éternelle des paysages et la violence des sentiments. Plastiquement tout cela est magnifiquement rendu par la mise en scène qui évoque les tableaux de David Hockney (un des plus célèbres d’entre eux, qui porte le titre du film, représentait une piscine californienne et à travers elle toute la futilité d’une période). Au-delà, davantage que dans celui de Deray, le film évoque intelligemment la fin d’une époque, celle du rock du xxe siècle et de ses dérives, avec de magnifiques moments, comme celui où Harry (Ralph Fiennes) conte la création d’un titre des Rolling Stones (séquence réellement coordonnée sous le contrôle des Stones). Mais surtout le film est un jeu jubilatoire entre quatre grands acteurs, avec peut-être une prime pour Ralph Fiennes, parfait en amant hystérique toujours amoureux, en proie au temps qui passe et à toutes les contradictions.

 


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