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Under the Silver Lake TP

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Titre original : Under the Silver Lake
Fiche mise à jour le 16/08/2018
Classification : Tous publics
Année de production : 2018
Réalisé par : David Robert Mitchell
Date de sortie : 08 août 2018
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Le Pacte 
Distributeur international : Insiders 
Durée : 139 minutes
Origine(s) : Etats-Unis 
Genre(s) : Drame Thriller 
Pellicule : couleur
Format de projection : 2.35 Scope
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 149286
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%
Synopsis :
À Los Angeles, Sam, 33 ans, sans emploi, rêve de célébrité. Lorsque Sarah, une jeune et énigmatique voisine, se volatilise brusquement, Sam se lance à sa recherche et entreprend alors une enquête obsessionnelle surréaliste à travers la ville. Elle le fera plonger jusque dans les profondeurs les plus ténébreuses de la Cité des Anges, où il devra élucider disparitions et meurtres mystérieux sur fond de scandales et de conspirations.

Vos commentaires et critiques :

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CANNES 2018: COMPÉTITION

Obsessions criminelles

C’est la Semaine de la critique qui a révélé David Robert  Mitchell à travers ses deux premiers longs métrages : The Myth of the American Sleepover en 2010 et It Follows en 2014, primés ensuite à Deauville où ils ont remporté respectivement le prix spécial du jury et le prix de la critique, puis à Gérardmer où It Follows a reçu le grand prix et le prix de la critique en 2015. Under the Silver Lake, dont la sortie est prévue le 22 juin aux États-Unis et le 8 août en France, est un thriller interprété par Andrew Garfield, nommé à l’Oscar du meilleur acteur en 2017 pour sa performance dans Tu ne tueras point de Mel Gibson. À ses côtés : Topher Grace, à  l’affiche de l’autre film américain en  compétition, BLACKkKLANSMAN de Spike Lee, et Riley Keough, l’aînée des petits-enfants d’Elvis Presley, repérée en 2015 à Cannes dans Mad Max: Fury Road de George Miller et en 2016 dans American Honey d’Andrea Arnold.

Sans y être jamais allé, on a tous fantasmé Los Angeles grâce aux livres qu'on a lus, aux films qu'on a vus. On a tous arpenté Sunset Boulevard, la colline d'Hollywood sur les traces de Philip Marlowe, le détective fétiche de Raymond Chandler. Ou découvert les sales secrets de la ville des Anges dans les bouquins noirs de James Ellroy. Et évidemment à travers le cinéma : Sunset boulevard de Billy Wilder, The Party de Blake Edwards,Chinatown de Polanski, Le Privéd'Altman, sans oublier évidemment l'énigma-gnétique Mullolland Drive de Lynch de David Lynch… autant de films qui composent une cartographie imaginaire de Los Angeles entre ombres et lumières, entre opulence, faste hollywoodien et décadence mortifère. 
Cinéaste cinéphile, David Robert Mitchell s'attaque avec malice et gourmandise à tous les mythes associés à Los Angeles : la culture pop et geek aussi bien musicale que cinématographique, le monde décadent d'Hollywood et ses lieux emblématiques, et la folie douce inhérente à ses habitants, avec sa galerie de personnages improbables. Au cœur du film, Sam, un trentenaire glandeur et désabusé qui pourrait être l'alter ego jeunot du Big Lebowski des frères Coen.
Sam habite, dans une résidence dotée de l'indispensable piscine, un appartement foutraque aux murs recouverts de posters de cinéma et d'icônes rock (Kurt Cobain en premier lieu), encombré de vinyles et de comics. Tel un James Stewart endurant comme il peut le handicap de sa jambe plâtrée, il occupe son désœuvrement en matant à la jumelle les avantages d'une voisine quinquagénaire, jusqu'à ce que son attention se porte sur une autre, plus jeune et qui semble se prendre pour Marylin Monroe. Sam l'aborde, la séduit… mais la belle déménage mystérieusement la nuit suivante. Tout ça alors qu'un très inquiétant tueur de chiens sévit dans le quartier et qu'un milliardaire disparaît tout aussi mystérieusement. Sam, oubliant l'avis d'expulsion et la saisie de ses biens qui lui pendent au nez, va se lancer dans une enquête pleine de rebondissements et d'imprévus surréalistes, et se muer en une sorte de Philip Marlowe lymphatique et désordonné (là on retrouve vraiment l'Elliot Gould du Privé), pas bagarreur pour deux sous. Et cette quête hypnotique va s'avérer ponctuée de rencontres ubuesques : clochards gourous, starlettes reconverties en escort-girls, héritières dépressives, rock stars manipulées, décrypteurs conspirationnistes de comics…
Peu à peu, alors que l'enquête devient de plus en plus opaque et incompréhensible – avec quelques scènes hallucinantes –, alors que notre héros va chercher des réponses dans les cadeaux des paquets de céréales ou en tentant de détecter les messages subliminaux prétendument cachés dans des chansons, toute l'ambiance du film va devenir de plus en plus lynchienne, mais avec une dose d'humour goût bubble-gum qui n'est pas la tasse de thé de ce cher David.
Pour le spectateur amateur de déambulations urbaines, l'enquête est un vrai bonheur de balade buissonnière dans Los Angeles : le réservoir de Silverlake qui donne son titre au film, l'observatoire qui surplombe Hollywood, la statue de James Dean et évidemment la colline où trône les célèbres lettres au pied desquels se sont effondrés bien des espoirs et dont les entrailles cachent peut être de lourds secrets. Toute la mise en scène – les couleurs marquées par la lumière californienne, la bande son pop parfois inquiétante – dessine une géniale vision de la ville tentaculaire dans laquelle les personnages glissent comme des fantômes en quête désespérée d'un sens à leur vie.


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