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American Honey

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Titre original : American Honey
Fiche mise à jour le 08/02/2017
Année de production : 2015
Réalisé par : Andrea Arnold
Acteurs principaux : Sasha Lane, Shia LaBeouf, Riley Keough
Date de sortie : 08 février 2017
Date de reprise : non renseignée
Distributeur France : Diaphana Distribution 
Distributeur international : Protagonist Pictures 
Durée : 163 minutes
Origine(s) : Grande-Bretagne Etats-Unis 
Genre(s) : Drame 
Pellicule : couleur
Format de projection : 1.33
Format son : 5.1
Visa d'exploitation : 145877
Budget : non renseigné
Site officiel : non renseigné
Indice Bdfci :
76%
Synopsis :
Star, une adolescente, quitte sa famille ­dysfonctionnelle et rejoint une équipe de vente ­d’abonnements de magazines, qui parcourt le Midwest américain en faisant du porte-à-porte. Aussitôt à sa place parmi cette bande de jeunes, dont fait partie Jake, elle adopte rapidement leur style de vie, rythmé par des soirées arrosées, des petits méfaits et des amourettes…

Vos commentaires et critiques :

American_Honey

CANNES 2016 - COMPÉTITION - PRIX DU JURY

En compagnie des loups

Lauréate d’un Oscar pour son court métrage Wasp en 2005, la réalisatrice Andrea Arnold a obtenu le prix du jury à Cannes pou Red Road en 2006 et Fish Tank en 2009. Membre du jury en 2012, elle revient en compétition avec son premier film tourné aux États-Unis, bien que de nationalité britannique, et soutenu par le comédien Shia LaBeouf qui figure parmi ses interprètes. Une nouvelle venue, Sasha Lane, tient le rôle principal d’American Honey, celui d’une adolescente fugueuse qui se retrouve à faire du porte-à-porte avec une équipe de représentants de commerce et découvre à leur contact le monde des adultes. On retrouve là l’un des thèmes de prédilection de cette cinéaste animée d’une puissante fibre sociale. La production est assurée par Pulse Films et Parts & Labor, le financement par Film4, le BFI et Maven Pictures, les ventes internationales par Protagonist Pictures. 

American_Honey_2

La nuit des losers

Réalisatrice viscéralement anglaise (on se souvient de Red Road et de de Fish Tank, profondément ancrés dans le quotidien britannique, sans oublier sa version radicale des Hauts de Hurlevent), Andrea Arnold réalise son premier film « américain » et ajoute une dimension épique à son style réaliste, nous entraînant dans un road-movie sauvage et sensuel qui donne envie de danser autant qu'il vous passe le cœur à l'essoreuse.
On découvre Star, une adolescente qui tente de survivre entre un beau père violent et libidineux et une mère démissionnaire et alcoolo, se retrouvant en charge de ses petits frères et sœurs. Pour remplir un frigo trop souvent squatté exclusivement par les canettes de bière, elle fait les poubelles des supermarchés à la recherche de produits périmés. C'est d'ailleurs au cours d'une de ses tournées de survie qu'elle va croiser la route de Jake, un bonimenteur de charme à la tête d'une joyeuse bande d'improbables vendeurs ambulants qui parcourent le pays dans leur van brinquebalant pour vendre des abonnements à des magazines. Le coup de foudre est immédiat, et Jake fait naître chez Star l'espoir de fuir son quotidien sinistre. Et même si l'avenir s'annonce difficile, fait de porte à porte laborieux voire dangereux, l'aventure et la liberté sont au rendez vous.
Andrea Arnold s'est inspirée d'une enquête du New York Times sur ces étranges cohortes de vendeurs plus ou moins illégaux, souvent très jeunes, étudiants désargentés, hobos des temps modernes, qui parcourent des milliers de kilomètres, passant leurs journées à arpenter banlieues pavillonnaires chic ou camps d'ouvriers du pétrole avant d'échouer le soir à faire la fête dans des motels miteux. De vrais tribus plus que des collègues de travail. D'ailleurs, hormis Shia Labeouf et Riley Keough, magnifique dans le rôle de Krystal, la boss et maîtresse de Jake, Andrea Arnold a choisi des acteurs non professionnels, jouant pour certains presque leur propre rôle. Même l'interprète principale Sasha Lane, révélation sidérante de justesse et d'énergie, a été sélectionnée parmi des étudiantes lors d'une enquête sur les spring breaks au Texas. Et c'est le même groupe de non professionnels qui a choisi la bande son, omniprésente et essentielle à l'ambiance du film, entre titres country (dont le fameux American Honey tout en ironie que l'on entend à la fin du film) et excellent hip hop ou RNB (vous ne pourrez pas oublier l'obsédant titre Choices de E40).
Andrea Arnold brosse avec une énergie débordante le portrait d'une jeunesse portée par la soif de vivre, de danser, de baiser, mais gangrenée par l'âpreté sans pitié d'une Amérique vorace qui fabrique à la chaîne des laissés pour compte, qui impose ses rituels cruels : malgré l'ambiance familiale du groupe, les moins bons vendeurs sont humiliés chaque soir, le mensonge et l'arnaque règnent autant dans la vente que dans les sentiments entre les personnages.
Mais American Honey est aussi une palpitante histoire d'amour contrarié et, à travers elle, le récit de la construction de l'identité d'une jeune femme. Semblant faire écho à la chanson de Rihanna I Founded Love in Hopeless Place, le film nous dit que, même dans les lieux et les situations les plus désespérés, l'amour peut être une réponse à la cruauté du monde.


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