White Bird

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Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu'elle découvre au même moment sa sexualité, Kat semble à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l'affecter profondément et l'amener à s'interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

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Kat Connors a dix-sept ans, l'âge de tous les possibles, de toutes les découvertes, notamment de celle de la sexualité. Kat n'échappe pas à la règle : ses hormones sont en ébullition, elle pense beaucoup à ça, et ne comprend pas pourquoi son beau gosse et voisin de petit-ami ne répond pas aussi souvent qu'elle le voudrait à ses ardeurs…

Kat Connors a dix-sept ans, et sa mère disparaît du jour au lendemain, sans prévenir et sans laisser de traces. Cette disparition ne semble pas troubler outre mesure l'adolescente, du moins en apparence. Car l'inconscient a déjà commencé son travail souterrain et les rêves de Kat se multiplient, des rêves enneigés où elle cherche sa mère qui l'appelle, et qui vont l'obliger à s'interroger sur les véritables raisons de sa disparition. Face à l'apathie de son père, que le départ de sa femme a laissé à la limite de la catatonie, Kat va devoir mener l'enquête elle-même, et reconstruire peu à peu le portrait d'une mère qui n'a jamais vraiment réussi à s'adapter à sa petite vie banlieusarde de femme au foyer, se laissant gagner jour après jour par la dépression et l'aigreur. Une femme jadis belle et pleine de rêves que l'insatisfaction – et l'obligation de n'en rien laisser paraître – ont rendue autoritaire et envieuse, jalousant même la jeunesse, la liberté et… le petit-ami de sa fille.

Si ce nouveau film de Gregg Araki peut surprendre par son apparent classicisme, notamment formel, il n'en est pas moins traversé par les obsessions qui nourrissent sa filmographie, et particulièrement celle de l'adolescence comme période de transformation et d'apprentissage. L'enquête sur la disparition de la mère au cœur du film ne semble par moments qu'un prétexte à la description d'un contexte. Celui de la fin des années quatre-vingt d'abord, dans lequel Araki avait toujours rêvé de réaliser un film, et qui habille White bird de toutes ses références, esthétiques et musicales. Celui également de la différence et des personnages d'outsiders chers au réalisateur, représentés ici par les deux amis et confidents de Kat, un jeune homosexuel et une afro-américaine obèse. Et si c'est autour du personnage d'adolescente jouée par l'étoile montante Shailene Woodley que s'articule le récit, c'est la remise en question de l'idéal de la « famille américaine modèle » qui s'impose comme le sujet central du film. Et c'est peu à peu le personnage de la mère de famille qui prend toute la place, grâce en grande partie à l'interprétation époustouflante d'Eva Green. Passant sans anicroche de la jeune mariée radieuse à la mère torturée et irascible, sachant être aussi touchante dans son désespoir que terrifiante dans sa folie, elle impose une présence cannibale qui emporte tout et irradie le film, même en son absence…