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Toutes vos critiques :

L'Échange des princesses
L'Échange des princesses (2017), la critique de B.G
Étrangement, il y a quelque chose de très actuel dans ce film qui nous parle d’un temps pourtant lointain. Nous sommes en 1721, à la cour de Louis XV, qui n’a pas encore atteint l’âge de régner. Les enfants d’alors, s’ils ne connaissent pas le privilège d’être ballotés entre deux divorcés, sont déjà les enjeux de stratégies décidées par leurs aînés. Bien loin des contes de fées où l’amour tombe à pic sous l’apparence d’un sémillant prince, invariablement charmant, les héritières de l’époque sont monnayables à merci. Née princesse, pas encore femme, on peut-être mariée à tout instant pour perpétuer une dynastie et renforcer la puissance d’un royaume...
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Normandie nue
Normandie nue (2017), la critique de B.G
Nous sommes en Normandie… Enfin pour moi qui écris ce texte, la Normandie c’est plutôt du côté de Rouen… ou de Cherbourg, alors le Mêle-sur-Sarthe, ça me semble vraiment un peu trop au Sud pour être normand… Mais bon, administrativement c’est situé dans l’Orne, en Normandie donc, même si la « frontière » avec la Sarthe n’est qu’à un jet de pierre… Et surtout, au Mêle-sur-Sarthe, il y a plus de vaches que d’habitants, ce qui est finalement la caractéristique essentielle de tout bon village normand et, ici comme ailleurs, les éleveurs sont touchés par la crise.Après un énième barrage sur la Nationale 12 où les éleveurs n’ont pas été plus entendus que d’habitude, la colère gronde...
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The Wedding Plan
The Wedding Plan (2016), la critique de B.G
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes : dans moins d’un mois, la jeune et jolie Michal, qui accumule depuis une dizaine d’années les rencontres à la recherche d’un mari, doit épouser Gidi. Les futurs époux ont déjà tout organisé, de la salle où devra se dérouler la cérémonie jusqu’au menu et aux invités, tout est prêt. Même leur nouvel appartement n’attend plus qu’eux. Seulement voilà, lors d’une dégustation pour le repas du mariage, c’est le clash ! Gidi annonce à Michal qu’il ne l’aime pas. Passés l’incompréhension et la colère – Gidi va épouser Ziva, la colocataire de Michal qu’il ne connait que depuis seulement deux semaines –, la jeune femme décide de maintenir les festivités coûte que coûte...
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Seule la terre
Seule la terre (2017), la critique de B.G
Au fin fond du Yorkshire… Ici la terre n'en finit plus. Même pas une mer pour l'arrêter. Un paysage d’une beauté nue qui vous vrille l’âme et vous pénètre irrémédiablement. Quelque chose de viscéral, d’organique, qui dépasse l’humain. En même temps que la brume montent du sol les odeurs : celle de l’humus, celle des bêtes, celle des hommes. Chacune semble murmurer « tu es terre et tu retourneras à cette terre », rappelant quotidiennement la fragilité de l’humaine condition.Mais tout cela Johnny ne le voit pas, ne le ressent pas, ou plus. Son quotidien sur ces terres agricoles le ronge au plus profond parce qu'il ne l’a pas choisi...
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Le Crime de l'Orient Express
Le Crime de l'Orient Express (2016), la critique de B.G
On aimerait tous avoir un Hercule Poirot dans sa vie. Intelligent, cultivé, raffiné, drôle et rempli d'esprit, c'est le nec plus ultra des personnages justes et bons, capable de résoudre tous les crimes pour faire régner la justice des hommes. Sous la direction de Kenneth Branagh, ce remake de Murder on the Orient Express, 43 ans après l'adaptation magistrale de Sydney Lumet, est un film grandiose, qui aborde plus les zones d'ombre de l'âme humaine que l'art du suspense.Après une scène d'ouverture carrément ratée (qui se déroule au pied du mur des Lamentations à Jérusalem), le film est mis sur les rails alors que Poirot et les autres passagers montent à bord de l'Orient-Express...
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Belinda
Belinda (2017), la critique de B.G
Parfois il s'agit d'un plan. Un seul, qui marque la rétine et contient tous les autres. Tous ceux qui vont suivre se superposeront à ce premier. À l'arrière d'une voiture, deux petites filles, Belinda et Sabrina. Leur accent alsacien, leur gouaille, leur sororité presque gémellité. Et le monde s'ouvre. La réalisatrice laisse ces visages, fermés et enfantins à la fois, se faire dévorer calmement par la caméra, afin qu'on ait le temps de se questionner, d'écouter, de tendre l'oreille. Par bribes, on comprend un peu : la vie en foyer, loin de la famille, et bientôt la séparation de la fratrie. Et puis par la force du montage : il n'y a plus qu'une petite fille à l'arrière de cette même voiture. Et c'est toute la vie de Belinda qui est contenue dans cette ellipse...
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Tharlo, le berger tibétain
Tharlo, le berger tibétain (2015), la critique de B.G
Petite natte est un berger tibétain au doux sourire, doté d'une mémoire phénoménale. Dès la première scène du film, devant un commissaire de police médusé, il récite sur le ton monocorde d'une prière un discours célèbre de Mao, « Servir le peuple », texte fondateur du communisme chinois. Sa mémoire aurait pu lui permettre de faire de belles études et d'accéder à une place respectable dans la société, mais, très vite orphelin, son sort a dépendu d'un oncle qui a cherché à s'en débarrasser au plus vite. Peu importe ! Petite natte n'en semble nullement affecté et ne s'imagine guère une autre vie que la sienne qui s'écoule tranquillement, sereinement...
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Heartstone - Un été islandais
Heartstone - Un été islandais (2016), la critique de B.G
C’est le film des “premières fois” : pour le réalisateur, pour les jeunes protagonistes et pour l’Islande à Venise. Avec Heartstone [+], en compétition aux Venice Days, Guðmundur Arnar Guðmundsson signe son premier long métrage, mais aussi le premier film islandais à être présenté à la Mostra de Venise, à travers le récit de deux adolescents aux prises avec l’étape cruelle et délicate de l’âge adulte. Un thème maintes fois abordé au cinéma, mais qui se concentre ici sur la découverte de soi et de sa sexualité, parfois problématique, en en décrivant subtilement les étapes.C’est l’été, nous sommes dans un village de pêcheurs de l’est de l’Islande, situé à des kilomètres de Reykjavik, la capitale...
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Tout l'argent du monde
Tout l'argent du monde (2017), la critique de B.G
Ridley Scott a 80 ans. Christopher Plummer vient tout juste de célébrer son 88e anniversaire. Ces octogénaires, de vieux pros, viennent de réussir un exploit peu ordinaire. Non seulement All the Money in the World est un thriller haletant, mais il contient aussi l'une des meilleures performances d'un acteur qui, il y a à peine plus d'un mois, ne savait pas encore qu'il allait être appelé à remplacer Kevin Spacey au pied levé. Honnêtement, Christopher Plummer est tellement crédible dans la peau de J. Paul Getty, ce vieillard milliardaire ayant plus à cœur les objets d'art qu'il possède que les humains faisant partie de son entourage, qu'on se demande vraiment comment un autre acteur aurait pu incarner le personnage avec autant de vérité...
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Les Heures sombres
Les Heures sombres (2017), la critique de B.G
Il est de tradition que l'on vous déniche pour l'an nouveau un film qui trouve joliment à s'incarner dans cette période de fête. C'est chose faite en cet an de grâce 2018 avec ces Heures sombres, qui malgré les moments terribles qu'elles évoquent, sont curieusement dignes d'un véritable conte de Noël. On reste en effet confondu de bonheur devant une histoire qui aurait pu être mise en scène par Frank Capra lui-même, dont on se souvient du merveilleux La Vie est belle...
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Le Dernier vice-roi des Indes
Le Dernier vice-roi des Indes (2016), la critique de B.G
L’entrée en matière est des plus classiques : un palais somptueux, des jets d’eau, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique un brin démonstrative. Nous sommes dans un film à costumes 100% qualité anglaise, tiré à à quatre épingles, sans faux plis : bienvenue en Inde, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre (nous sommes en 1947). Mais on se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine fortement imprégnée d’imagerie coloniale et que Gurindher Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a quinze ans le pétulant Joue-là comme Beckham, a bien l’intention de nous raconter autre chose qu’une bluette...
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Oh Lucy!
Oh Lucy! (2017), la critique de B.G
SEMAINE DE LA CRITIQUE 2017 Jeu de masques En 2014, Atsuko Hirayanagi recevait le second prix de la Cinéfondation pour son court métrage Oh Lucy !. La jeune cinéaste décide d’en faire un long métrage, reprenant le personnage central de son film. Elle en développe le script avec Boris Frumin, son professeur de scénario à la New York University. Le film raconte l’éveil de Setsuko, employée de bureau d’âge mur vivant à Tokyo, qui tombe amoureuse d’un Américain professeur d’anglais. Ce dernier lui donne une perruque blonde et la rebaptise Lucy. "Au Japon, les gens portent un véritable masque en société afin de vivre en harmonie. Aux États-Unis, on est au contraire poussé à se révéler et à exprimer constamment ses besoins et ses sentiments...
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Le Rire de madame Lin
Le Rire de madame Lin (2017), la critique de B.G
« En 1953, le cinéaste japonais Yasujiro Ozu réalisait Voyage à Tokyo et montrait l'extrême dignité d'un père. En 2016, un jeune réalisateur chinois semble répondre au maître en nous montrant la grandeur d'une mère chinoise dont la force mérite le plus grand respect. » Wong Kar-WaiDans un village de la province de Shandong, à l'est de la Chine, une vieille paysanne fait une chute. Immédiatement ses enfants en profitent pour la déclarer inapte et entreprennent, sans lui demander son avis, de la faire admettre dans un hospice. Mais il faut attendre qu'une place se libère et d'ici là, la grand-mère devra séjourner chez un de ses enfants. En fait elle passe de la maison de l'un à la maison de l'autre puisqu'aucun ne veut la prendre en charge...
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Les Femmes de la rivière qui pleure
Les Femmes de la rivière qui pleure (2017), la critique de B.G
  Une rivière sépare deux clans qui se détestent viscéralement. Le conflit s’envenime, et un sentiment d’insécurité prédomine. Chaque sortie devient un danger imminent. Pour son quatrième film, le prometteur réalisateur philippin met en scène, avec assurance, les luttes territoriales de deux clans familiaux dont la rancœur et la haine se transmettent de génération en génération. Hommage à ces femmes qui tentent, malgré la perte d’êtres chers, de maintenir l’unité familiale, cette fiction renversante met en lumière un de ces nombreux conflits oubliés à travers le monde.La région de Mindanao, au sud des Philippines, où se côtoient plusieurs communautés et confessions, est le théâtre de nombreux conflits depuis la fin des années 60...
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L'Ultime razzia
L'Ultime razzia (1956), la critique de B.G
Le titre original annonce la couleur : ce film de genre, le troisième de Kubrick, ne raconte pas seulement un dernier gros coup mais comment les protagonistes de ce braquage finiront tous abattus. Par la suite, le thème du fiasco ne cessera de parcourir l'œuvre du cinéaste. Ici, il est toute l'histoire. Johnny vient de sortir du pénitencier et n'accepte de reperdre sa liberté que pour une bonne raison : le casse du siècle, les 2 millions des caisses de l'hippodrome. Johnny a engagé les complices ad hoc : un flic endetté, un caissier minable qui doit épater sa garce de femme, un gentil barman qui veut faire soigner la sienne, un ex-catcheur philosophe et un tireur d'élite. Chacun sait ce qu'il a à faire. Johnny a juste négligé cette saleté de... facteur humain...
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Seule sur la plage la nuit
Seule sur la plage la nuit (2017), la critique de B.G
Après l’élégant Le Jour d’après montré sur nos écrans en juin dernier, l’infatigable Hong Sang-soo livre déjà un nouveau long-métrage qui en fait a été réalisé avant. Le cinéaste sud-coréen aligne décidément une filmographie surabondante, tournant sans peine deux à trois films par an. De quoi faire tourner la tête des sélectionneurs des grands festivals dans lesquels Hong Sang-soo trouve toujours une place de choix, raflant à l’occasion les prix les plus prestigieux (pour Seule sur la plage la nuit, c’est l’actrice Kim Min-Hee qui a décroché le prix de la meilleure actrice au dernier festival de Berlin)...
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L'Échappée belle
L'Échappée belle (2016), la critique de B.G
The Leisure seeker, titre que l’on pourrait traduire par « le cherche-bonheur », c’est le nom du camping-car d’Ella et John Spencer, qu’ils ont acheté, on l’imagine, au tout début de leur histoire commune, quand la famille s’écrivait : jeune couple avec deux enfants. Ce camping-car, c’était bien plus qu’un simple moyen de locomotion pour transporter la petite tribu le temps des vacances. C’était la promesse du bon temps, des petits moments de bonheur partagés, ces choses futiles qui riment à trois fois rien quand on les vit dans l’instant et qui reviennent en force, trésors chargés d'émotion, une fois que le temps a fait son sale boulot...
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Le Brio
Le Brio (2017), la critique de B.G
C'est un type imbuvable qui pérore ce jour-là devant un amphi bourré à craquer, quand Neila Salah déboule, un poil en retard, pour la première heure de la première journée de sa première année dans la fac de droit d'Assas, bien connue pour ne pas être un repère de gauchistes. Depuis sa tribune, l'orateur ne la loupe pas et ironise à bon compte, apostrophant l'insolente qui ose perturber son cours pour cause de train de banlieue et métro pas raccord...
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12 jours
12 jours (2017), la critique de B.G
SÉANCE SPÉCIALE Fins de vie Insatiable arpenteur de nos institutions les plus fermées, Raymond Depardon s’introduit derrière les murs de ces hospices où la population relègue ses aînés en fin de vie. Un nouveau chapitre dans une œuvre kaléidoscopique et humaniste en forme d’état des lieux. 12 jours, c’est la durée légale au terme de laquelle il convient de confirmer l’internement d’un patient. Habitué de Cannes, le photographe y a figuré en compétition avec La captive du désert (1990), son deuxième long métrage de fiction. Il a reçu trois César : pour Reporters en 1982, New York, N.Y...
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La Villa
La Villa (2016), la critique de B.G
Nous voilà plongés une nouvelle fois au cœur de l’Estaque, à prendre son pouls, à respirer son souffle. Si les ingrédients sont les mêmes, ne croyez pas pour autant que Robert Guédiguian va nous servir du déjà vu, du surgelé, du réchauffé. C’est comme en cuisine : regardez la multitude de plats qu’on peut faire avec simplement du beurre et de la farine. Entre la pâte feuilletée, la brioche, les choux, les crêpes… il y a un monde. Entre À la vie à la mort, Marius et Jeannette… et aujourd’hui La Villa… également. Mis bout à bout ils forment comme une chronique sur les idéaux d’une génération, leur confrontation avec un monde en mutation...
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