Accueil » Les critiques de films proposées par les membres

Toutes vos critiques :

Seule à mon mariage
Seule à mon mariage (2018), la critique de B.G
La réalisatrice Marta Bergman a fait ses classes dans le documentaire. Pour sa première fiction, elle pioche dans un terreau qu’elle affectionne, la communauté roumaine, ce qui confère à son film prenant, très vivant, un réalisme bienvenu qui ne fige pas les choses. On sent qu’il y a du vécu mais surtout du recul, une finesse d’analyse qui permet à ses personnages de sortir des clichés caricaturaux. On perçoit les logiques de chacun, quand bien même elles seraient à l’opposé des nôtres. De ce qui aurait pu être considéré comme une « escroquerie sentimentale à but migratoire », elle fait une véritable histoire d’émancipation, pour ses deux protagonistes, l’homme comme la femme...
(Lire la suite)
El Reino
El Reino (2018), la critique de B.G
« La corruption politique en Espagne – et surtout, la totale impunité de ses leaders depuis une dizaine d’années – nous a laissés, ma co-scénariste Isabel Peña et moi, d’abord perplexes, indignés puis déprimés, et enfin presque anesthésiés. C’est la répétition des affaires de corruption de ces dernières années qui nous a décidés à raconter cette histoire. Comme dans Que Dios nos perdone, nous voulions faire un thriller, un film à suspense qui accroche le spectateur mais qui parle aussi des êtres humains et de leur noirceur. »Le royaume (el reino) est donc celui, peu reluisant mais palpitant, du dessous des cartes, des magouilles politicardes...
(Lire la suite)
Rétrospective Akira Kurosawa - Toshirō Mifune
Rétrospective Akira Kurosawa - Toshirō Mifune, la critique de B.G
Comme John Wayne et John Ford ou Martin Scorsese et Robert De Niro, le duo Akira Kurosawa et Toshiro Mifune est entré dans la légende du septième art. C’est au lendemain de la guerre que les deux hommes se rencontrent, lors d’un immense casting organisé par les studios Toho afin de repérer les stars japonaises de demain. Leur première collaboration se fera l’année suivante, en 1948, avec L’Ange ivre. Le charisme de Mifune est tel qu’il parvient presque à éclipser son partenaire, le pourtant surdoué Takashi Shimura. Dès lors, le réalisateur et son protégé ne se quitteront plus, tournant jusqu’en 1965 pas moins de seize films, parmi lesquels les plus grands classiques du cinéma japonais – et plus largement du cinéma mondial...
(Lire la suite)
Synonymes
Synonymes (2018), la critique de B.G
Le déplacement d’un cinéaste à l’étranger est souvent un événement passionnant, qui permet de mettre son regard à l’épreuve d’une réalité différente, comme d’offrir à son pays d’accueil cette occasion précieuse d’être enfin perçu de l’extérieur, selon une perspective qui d’ordinaire lui échappe. Synonymes s’empare précisément de cette question de l’exil et de l’accueil, pour parler non seulement d’Israël à travers le prisme de la France (et inversement), mais de toute la construction fantasmatique qui accompagne la notion de pays, se traduisant par un sentiment d’appartenance ou de rejet...
(Lire la suite)
Blanche comme neige
Blanche comme neige (2018), la critique de B.G
Il était une fois le nouveau film d'Anne Fontaine… cinéaste prolixe et en perpétuel mouvement dont on peut ne pas apprécier toutes les tentatives mais à qui, au grand jamais, on ne pourra reprocher de « faire du Anne Fontaine » tant son cinéma se réinvente à chaque fois. Prenant souvent comme matière première la littérature (Perfect mothers s'inspirait d'un roman de Doris Lessing et son récent Marvin ou la belle éducation de celui d'Edouard Louis), ses sujets sont multiples et contrastés et bien malin celle ou celui qui pourrait y pister le trace d'un plus petit dénominateur commun… Le désir, peut-être, si je voulais faire ici le malin...
(Lire la suite)
J'veux du soleil
J'veux du soleil (2018), la critique de B.G
J'veux du soleil ! Comme d’autres, jadis, réclamaient du pain certes, mais aussi des roses. Tout un symbole : non seulement de quoi survivre, mais aussi la beauté. Ce petit supplément d’âme qui permet de se faire une belle vie. D'emblée, le film adopte un ton sobre, d’une justesse remarquable, avançant à tâtons, ne matraquant pas son propos, n’assénant pas de certitudes. Il balaie d’un revers les clivages stériles dans lesquels les médias officiels cherchent à enliser le débat...
(Lire la suite)
Le Fidèle
Le Fidèle (2016), la critique de B.G
Bénedicte est pilote de course, Gino, lui, vendeur de voitures. Lorsqu'ils se rencontrent, le coup de foudre est immédiat. Mais Gino a un secret inavouable, il n’est pas celui qu’il prétend être. Hybridation entre le film de gangsters et le mélodrame, « Le fidèle » s’entame sur une première partie tout en maîtrise et en élégance, construite autour de son couple de cinéma aussi convaincant que séduisant (Adèle Exarchopoulos et Matthias Schoenhaerts) et d’un secret qui finira peu à peu par les éloigner.Le film bascule dans sa deuxième partie, négociant assez mal son virage dans le mélodrame...
(Lire la suite)
Curiosa
Curiosa (2018), la critique de B.G
CURIOSA (nom masculin) : Terme de collectionneur. Un livre, une œuvre d’art ou une photographie est nommée curiosa lorsqu’il présente un caractère érotique, léger, grivois.Pour éponger les dettes de son père, Marie de Heredia épouse le poète Henri de Régnier, mais c’est Pierre Louÿs qu’elle aime, poète également, érotomane et grand voyageur. C’est avec lui qu’elle va faire son initiation à l’amour et à l’érotisme à travers la liaison photographique et littéraire qu’ils s’inventent ensemble.Provocante et pleine de fantaisie, Marie de Heredia n’est pas une jeune fille conventionnelle du xixe siècle. À travers son personnage, Lou Jeunet défend une vision émancipatrice de la sexualité...
(Lire la suite)
Boy Erased
Boy Erased (2017), la critique de B.G
C'est une histoire vraie et le savoir fait véritablement froid dans le dos. Aux États-Unis, près de 700000 personnes sont déjà passées entre les griffes de centres de « gay conversion therapy », des endroits paisibles au cœur de la nature où, sous des noms avenants comme « Love in action », sont élaborés des programmes très complets pour extraire le mal du corps et de l'âme de jeunes « malades » qui se sont égarés sur les chemins diaboliques de l'homosexualité. Souvent, mais pas systématiquement, ces centres sont fortement imprégnés de l'idéologie évangélique la plus extrémiste, celle qui appréhende le monde par le seul prisme de Dieu...
(Lire la suite)
Shazam !
Shazam ! (2019), la critique de B.G
Certains critiques reprochent aux films de superhéros leur univers sombre, voire dépressif, d’où le plaisir enfantin des BD originelles est absent. Ce n’est pas le cas avec Shazam!, comédie fantaisiste drôle et irrévérencieuse (sur un mode mineur) qui joue avec les codes du genre — un divertissement léger avec du cœur et un peu de poudre de perlimpinpin.Ce septième film de l’univers cinématographique DC se présente comme un récit initiatique sur le mode de la dérision qui met en scène un ado de 14 ans héritant de super-pouvoirs légués par un sorcier à l’article de la mort. Billy Batson (Asher Angel) est un fugueur en série à la recherche de sa mère, qui l’a «perdu» très jeune...
(Lire la suite)
Styx
Styx (2018), la critique de B.G
Il faudrait ne pas trop en dire… Ce que réussit à faire l’excellente bande annonce, qui rend parfaitement justice au film. Intrigante, tendue, sensuelle, inquiétante. Le titre, Styx, qui fait doublement référence à la mythologie grecque, nous met dans le bain, celui d’un Océan qui va se déchaîner pour nous procurer de grands frissons. Alors que la protagoniste pense se diriger vers une sorte de paradis terrestre, son destin la conduit aux portes d’un enfer enfanté par les hommes. Nulle force occulte, nul dieu taquin ici qui se jouerait des mortels, s’amuserait à les torturer, ils le font si bien tout seuls ! En attendant, au sommet des immeubles qui surplombent le port, errent de majestueux macaques de Barbarie, arrachés jadis à leurs terres natales...
(Lire la suite)
Sergio & Sergei
Sergio & Sergei (2017), la critique de B.G
Tant que Cuba n'aura pas cédé à la pression internationale, économique autant que politique, qui pousse son peuple depuis des décennies à l'abandon de l'utopie révolutionnaire née en 1959, elle sera toujours l'objet des images et des fantasmes les plus contradictoires. Paradis révolutionnaire, ultime rempart contre l'impérialisme trumpiste, ou prison à ciel ouvert ? Le joli conte d'Ernesto Daranas Serrano a l'avantage de renvoyer dos à dos les caricatures et de raconter Cuba dans toute sa complexité au fil d'un récit drolatique et poétique.Nous sommes en 1991. Depuis deux ans, le mur est tombé à Berlin...
(Lire la suite)
Dernier amour
Dernier amour (2018), la critique de B.G
À l'origine de ce projet singulier, il y a les mémoires de Giacomo Casanova, écrits dans la langue de Molière qui n'était pourtant pas la sienne et découverts par Benoît Jacquot alors qu'il a vingt ans à peine. Cette œuvre le marqua profondément, au point de devenir comme un compagnon secret de sa route artistique, jusqu'à devenir aujourd'hui (enfin ?) la source d'inspiration directe d'un film. Dans ce texte, Casanova évoque avec sincérité sa vie, ses rencontres, ses voyages (l'histoire a retenu le grand séducteur, mais il était avant tout un véritable aventurier) mais Jacquot a décidé de s'attacher à un épisode plus particulièrement marquant : sa rencontre avec une jeune femme, La Charpillon, qui restera son dernier et peut-être son seul et unique amour...
(Lire la suite)
La Flor, partie 4
La Flor, partie 4 (2018), la critique de B.G
Comme on souffle sur une fleur de pissenlit, et avant que tout ne s’envole en poussières, La Flor – partie 4, de l’Argentin Mariano Llinás termine son voyage en salle dans un bouquet d’images des plus enivrants. Hommage au cinéma, à la peinture, à la littérature, cette fresque pensée comme une nouvelle de Borges aura traversé la série B, la comédie musicale, le film d’espionnage… Comme si le réalisateur voulait rendre hommage à tous les arts sur la « pellicule ». C’est peut-être aussi le moment le plus opportun pour les spectateurs qui souhaiteraient découvrir les quatre volets dans la foulée – les précédentes parties étant encore à l’affiche...
(Lire la suite)
La Flor, partie 3
La Flor, partie 3 (2018), la critique de B.G
Le cœur nucléaire de la Flor, soit les quelque sept heures de film réparties entre la deuxième et la troisième partie, est un film d’espionnage. Le scénario est classique : quatre espionnes en mission se rendent compte que le véritable but de leur expédition est en réalité leur propre élimination. Les codes immémoriaux du film d’espionnage sont si scrupuleusement tenus que cela en devient suspect - encore un petit coup de distanciation : opacité des chaînes de commandement à un tel point que plus personne ne sait pour qui il travaille, perte de repères débouchant sur une forme d’absurdité existentielle, les vivants sont des morts en sursis...
(Lire la suite)
Dumbo
Dumbo (2017), la critique de B.G
L'histoire de Dumbo, l'éléphanteau volant, a charmé des générations d'enfants depuis sa sortie, en 1941, dans le classique de Disney. Le réalisateur Tim Burton n'avait pas le droit de se tromper quand il a décidé de transposer le mignon héros du film d'animation dans un monde réel. Et il peut dire mission accomplie!Adieu, souris, éléphants et corbeaux qui parlent. Le cinéaste nous entraîne, avec tout le génie créatif dont il est capable, dans un univers qui peut être cruel et sans merci, mais où la solidarité et l'amour priment. L'action du film démarre au cirque Medici Bros, qui est manifestement sur son déclin. La peinture écaillée saute aux yeux, tout comme les vêtements défraîchis de la population hétéroclite qui y habite...
(Lire la suite)
Still Recording
Still Recording (2018), la critique de B.G
On ne sait jamais vraiment qui tient la caméra, dans Still recording. Au cours de combats de l'Armée syrienne libre pour prendre Douma au régime de Bachar-el-Assad en 2012, ou dans les appartements de Damas, tout proches, les images sont saisies à la volée, souvent en marchant, quand l'appareil n'est pas simplement posé par terre ou, comme dans la première et la dernière séquences, lâché à cause d'un tir qui tue – c'est le hors-champ, non révélé, des images d'ouverture – ou qui blesse le cameraman. Le générique donne la liste des huit opérateurs qui ont, des débuts de la révolution syrienne en mars 2011 et jusqu'en 2015, pris les images composant la mosaïque chaotique du documentaire...
(Lire la suite)
Frères ennemis
Frères ennemis (2017), la critique de B.G
Flic ou voyou, le titre d’un antique film de Belmondo, pourrait convenir pour ce troisième long métrage, très contemporain, de David Oelhoffen, après Loin des hommes (2014). Reda Kateb, le policier issu de la cité, et Matthias Schoenaerts, le dealer chevronné, ont grandi ensemble. Ils savent tout l’un de l’autre, auraient pu échanger leurs destins. Le film raconte leurs retrouvailles décisives, au moment où le caïd trébuche dangereusement. Et où le flic s’interroge sur son identité : au cours d’une arrestation, pris à partie par les prévenus en arabe, il nie parler cette langue, tandis que son visage et son corps laissent deviner sa confusion...
(Lire la suite)
Ma vie avec John F. Donovan
Ma vie avec John F. Donovan (2018), la critique de B.G
Ma vie avec John F. Donovan, nouveau petit bijou du prodige Xavier Dolan, est son premier film anglophone. En deux parties séparées d'une dizaine d'années, Dolan nous raconte l'histoire qui aurait pu être autobiographique du jeune Rupert Turner, 11 ans et vivant à Londres au début de l'intrigue, qui entretient pendant plusieurs années une correspondance amicale avec l'acteur de séries américain John F. Donovan, jusqu'à sa mort mystérieuse. Dans le présent du film, dix ans plus tard donc, Rupert, devenu à son tour acteur, répond à une journaliste à l'occasion de la publication de sa correspondance avec John F.Donovan. Et nous découvrons son histoire au cours de flash-back successifs…Rupert, alors enfant acteur, est déjà venu à New York avec sa mère...
(Lire la suite)
Sunset
Sunset (2016), la critique de B.G
En 2015, Le Fils de Saul, premier film du jeune László Nemes, entraînait les spectateurs dans un voyage éprouvant et mémorable, suivant, à l’aide de longs plans-séquences, le parcours d’un prisonnier du camp de concentration d’Auschwitz, des dortoirs crasseux jusqu'aux tranchées servant de charniers. Accueil triomphal à Cannes, Grand Prix du jury conforté quelques mois plus tard par l'Oscar du Meilleur film étranger. De quoi permettre au cinéaste hongrois de se lancer sans difficulté dans un nouveau projet, mais aussi de lui coller une pression phénoménale sur les épaules, car ce second film était forcément attendu au tournant...
(Lire la suite)


Retour Haut de page