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Toutes vos critiques :

Blackbird
Blackbird (2018), la critique de B.G
Une grande réunion de famille s’annonce dans cette belle résidence de campagne et on se sent en terrain connu : après tout, « Fête de famille », c’était le titre d’un film français (réalisé par Cédric Kahn) sorti il n’y pas si longtemps… C’est chouette les histoires de tribus qui se rassemblent, ça nous rappelle forcément quelque chose, ça nous parle toujours de nous, de ceux qu’on connaît ou qu’on a connu, qu’on aime ou qu’on a aimés...
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Rétrospective Ida Lupino
Rétrospective Ida Lupino, la critique de B.G
Pionnière du cinéma indépendant américain, l’auteure du Voyage de la peur joua d’abord la comédie chez Raoul Walsh, Nicholas Ray, Robert Aldrich ou Fritz Lang, avant de s’imposer en tant que réalisatrice dans un milieu dirigé exclusivement par des hommes. Entre 1949 et 1953, elle réalise six films à fleur de peau sur les pires tabous de l’époque : le viol, l’adultère, la maladie …Une redécouverte en quatre films de la grande cinéaste indépendante, engagée et féministe, IDA LUPINO, dont l'œuvre majeure reste encore rare et méconnue, dont The Bigamist et Never Fear inédits au cinéma en France...
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Lux Æterna
Lux Æterna (2019), la critique de B.G
Deux ans quasi jour pour jour après Climax, Gaspar Noé est de retour presque par surprise. Juste retour des choses dans une période où on ne compte plus les films de cinéma qui sont diffusés sur tous les écrans sauf ceux de cinéma, Lux Æterna n’était dans un premier temps pas destiné à sortir en salle : trop court, trop expérimental, trop hors des clous. Heureusement deux distributeurs indépendants (Potemkine et UFO) l’ont rattrapé au vol et lui permettent d’exister dans son biotope : LA SALLE DE CINÉMA. Tout commence pourtant dans le calme. Béatrice Dalle et Charlotte Gainsbourg – dans leurs propres rôles – se préparent à tourner une scène de bûcher...
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Antebellum
Antebellum (2020), la critique de B.G
Dans l’historiographie américaine, Antebellum désigne le Sud mythifié d’avant la guerre de Sécession. C’est dans ce décor que l’on découvre Eden, esclave dans une plantation, où l’on viole, exécute et brûle sans état d’âme. Visage contemporain d’Eden, Veronica est une brillante militante de la cause des minorités. Honnie des Blancs réactionnaires, elle est la cible de forces obscures.La méga star de la soul Janelle Monáe incarne idéalement cette double facette de la "femme noire en colère", reliés par un dispositif glaçant qui concrétise le refoulé de la droite raciste américaine mais aussi européenne (voir la mise en scène en esclave de Danièle Obono dans Valeurs actuelles)...
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Les Apparences
Les Apparences (2019), la critique de B.G
Trompeuses, flatteuses, pernicieuses, elles font et défont les gloires et les réputations, elles importent tant mais valent finalement peu : les apparences…Dans ce film âpre et parfaitement mené, Claude Chabrol est implicitement convié à la valse (viennoise), lui qui était passé maître dans la peinture cinglante et souvent très noire de ces milieux de bourgeoisie provinciale où le vernis cachait les desseins les plus vils, où les pires vacheries se faisaient avec de grands sourires et où, surtout, il fallait à tout prix et quoi qu’il en coûte les sauver, ces belles apparences.Mais les temps ont changé et, mondialisation oblige, on a élargi le cercle du jeu de massacre : c’est au niveau européen que la partie se joue...
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La Maquisarde
La Maquisarde (2019), la critique de B.G
Alors que les films sur la guerre de libération algérienne sont nombreux, rares sont ceux qui, au-delà de la mise en valeur de héros masculins, évoquent l’existence de femmes ayant combattu pour mettre fin au colonialisme. Seules ou presque, les poseuses de bombes de la bataille d’Alger ont pu apparaître à l’écran, mais dans des rôles secondaires. Quant aux longs métrages traitant de la lutte armée entre 1954 et 1962 ayant des femmes pour personnages principaux, ils sont, hormis un ou deux documentaires à l’audience réduite, quasiment inexistants. Voilà pourquoi on ne peut que prêter un intérêt particulier à La Maquisarde, une adaptation au cinéma du livre éponyme de la réalisatrice, Nora Hamdi, publié en 2014 aux Éditions Grasset.
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Sing me a Song
Sing me a Song (2019), la critique de B.G
« Sing me a Song (chante-moi une chanson…), tout me va… tant que c’est une chanson d’amour… ». Dans le secret de sa chambre, c’est ce que gazouille timidement le jeune bonze qui rêve déjà de la demoiselle rencontrée sur internet. La caméra règle dès lors son pas sur celui de Peyangki, adolescent bouthanais, créant une proximité qui nous le rend vite intime. Une proximité rendue possible par la connivence réciproque qui s’est installée avec le réalisateur – Thomas Balmès avait déjà filmé Peyangki quelques années auparavant pour son film Happiness. Il revient donc dans le monastère de Lasa, perché à 4000 mètres d’altitude, dans lequel il avait laissé le garçonnet qui avait alors huit ans...
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Stripped
Stripped (2020), la critique de B.G
Vous avez pu découvrir en juillet dernier Chained puis Beloved, passionnant diptyque de Yaron Shani bâti sur les relations d’un couple. En fait, c’est un triptyque que le cinéaste a écrit et tourné, qu’il appelle sa « trilogie de l’amour ». En voici aujourd’hui le troisième et dernier segment :Stripped.Si vous avez vu les deux premiers volets, vous pourrez savourer pleinement celui-ci : selon nous, ça fait partie intégrante du plaisir de déceler les liens entre les différentes histoires, les points de recoupement, les résonances. Il est cependant tout à fait possible de voir et d’apprécier Stripped (« dépouillé-e ») sans rien savoir de Chained (« enchaîné-e ») etBeloved (« aimé-e »)...
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Ondine
Ondine (2019), la critique de B.G
« Vous, êtres humains ! Vous, monstres ! » Vous qui ne connaissez rien de l’amour d’une nymphe, fuyez ! C’est ainsi que pourrait démarrer cette atypique et fantastique histoire qui va tout à la fois nous immerger dans le Berlin actuel et dans son histoire, ou encore dans la mythologie germanique. Et c’est un beau pari de nous intriguer sans nous perdre, en parvenant à ne pas nous noyer sous la masse des informations passionnantes que le film distille entre les lignes et qui donnent envie de filer baguenauder dans les rues de la capitale allemande et dans ses musées. Sans complexe, il musarde entre réalisme parfaitement terre-à-terre et univers presque féérique, en tout cas bien moins rationnel...
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Cyril contre Goliath
Cyril contre Goliath (2019), la critique de B.G
Lacoste, village médiéval et emblématique du Luberon fait de l’œil à un collectionneur et pas n’importe lequel. En vingt ans, le couturier milliardaire Pierre Cardin a rénové le château du marquis de Sade qui le surplombe puis acheté près de quarante maisons au sein du village, pour les laisser vides… Cyril n’aurait jamais imaginé que le village de son enfance puisse, un jour, se faire privatiser. Alors que rien ne le destinait à cela, il décide de s’engager contre cette OPA d’un genre nouveau et entame un véritable bras de fer avec le célèbre couturier. Cyril contre Goliathnous fait vivre cinq années de luttes mouvementées contre un monarque lointain, sûr de lui et du pouvoir qu’il tient de sa fortune.
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Honeyland
Honeyland (2018), la critique de B.G
S’il est un endroit où les masques peuvent tomber, où ils n’ont pas lieu d’être, c’est bien à Bekirlijia. Un endroit oublié des drones capteurs de vies privées et qui échapperait presque à l’œil acéré des satellites. Il suffit de regarder une carte en ligne : pas de visite virtuelle possible dans ces ruelles qui semblent à tout jamais abandonnées de la civilisation et des hommes. Pourtant, sous la carcasse de ce vieux village délabré, la vie continue de grouiller, intemporelle, merveilleuse. Une vie dont Hatidze et sa très vieille mère Nazife sont les uniques représentantes humaines. Hatidze est le centre du motif, une souveraine sans royaume, refusant d’assujettir le monde, d’asservir des sujets...
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La Nuit venue
La Nuit venue (2018), la critique de B.G
À Paris, Jin, jeune immigré sans papiers, est chauffeur de VTC. Ancien DJ, passionné d’électro, il est soumis à la mafia chinoise depuis son arrivée en France. En multipliant les courses, il est proche d'avoir soldé sa « dette », mais il se voit confier la responsabilité d'un nouveau venu qui pourrait bien lui rendre la tâche plus difficile. Alors que ses nuits de conduite le fatiguent de plus en plus, il rencontre Naomi...Pour construire le contexte de son premier long-métrage de fiction, Frédéric Farrucci s'est inspiré d'une légende urbaine relayée par plusieurs taxis parisiens : une mafia chinoise exploiterait des hommes en les mettant au volant. La nuit venue est à mi-chemin entre la romance et le film noir...
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Sur la route de Compostelle
Sur la route de Compostelle (2019), la critique de B.G
Sur la Route de Compostelle suit le parcours de six pèlerins qui cherchent à atteindre Saint-Jacques. Au sein de ce petit groupe éclectique : Sue, une femme de 70 ans aux problèmes de santé, Julie, qui a perdu son mari et son fils à seulement 16 jours d’intervalle, Mark dont la belle-fille est morte de la mucoviscidose à 17 ans, accompagné de son beau-père Terry, et pour finir l'enthousiaste Claude et une néozélandaise de 56 ans, Cheryl.Ce petit groupe de pèlerins fait partie des 250 000 personnes qui, chaque année, empruntent le chemin de Compostelle, "El Camino", en espagnol. Le tronçon principal, long de 800 km, va de Saint-Jean-Pied-de-Port en France, à Saint-Jacques de Compostelle en Espagne...
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Ne vous retournez pas
Ne vous retournez pas (1973), la critique de B.G
Figure majeure du cinéma des années soixante-dix, Nicolas Roeg fait partie de ces cinéastes inclassables dont l’histoire a jusqu’à présent relégué les films au rang de raretés. Après avoir été l’un des chefs-opérateurs les plus recherchés du cinéma britannique (Loin de la foule déchaînée de John Schlesinger, Farenheit 451 de François Truffaut…), il débute sa carrière de réalisateur en 1970 (Performance, avec Mick Jagger). Son œuvre, teintée d’érotisme, toujours à la lisière des genres développe un style narratif très particulier en entremêlant au montage passé, présent et futur.Son travail a influencé plusieurs générations de réalisateurs de Brian de Palma à Christopher Nolan...
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Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait
Les Choses qu'on dit, les choses qu'on fait (2020), la critique de B.G
« Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. Comme si j’avais des mots en guise de doigts, ou des doigts au bout de mes mots. Mon langage tremble de désir. » (Roland Barthes, Fragments du discours amoureux)Dans la filmographie d’Emmanuel Mouret, il y aura incontestablement un avant et un après Mademoiselle de Joncquières. D’abord parce que ce film aura donné au réalisateur une belle notoriété par son succès public et critique, mais surtout parce qu’il semble avoir agi comme un puissant activateur de son cinéma, révélant le meilleur de son talent, affirmant sa maîtrise de la mise en scène, offrant un solide écrin pour son écriture, si particulière, si littéraire...
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Antoinette dans les Cévennes
Antoinette dans les Cévennes (2019), la critique de B.G
Antoinette jubile à l’idée d’une semaine de vacances en amoureux promise par son amant. Sauf que l’épouse de Vladimir a prévu une surprise qui contrecarre tous leurs plans : une randonnée familiale dans les Cévennes, sur les traces de Stevenson et de son fameux journal de voyage. Antoinette encaisse le coup mais ne fait pas de scène, Vladimir pense s’en être tiré à bon compte, sans tapage. Mais en fait l’amante déçue décide de ne pas lâcher l’affaire et de s’élancer sur les traces cévenoles de son chéri !C’est en parfaite Parisienne absolument pas préparée qu’Antoinette débarque dans les Cévennes et se confronte à ce monde étrange de randonneurs chevronnés, rompus aux rituels de la marche au long cours...
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À ma place
À ma place (2020), la critique de B.G
À MA PLACE rappelle l'importance de la vie démocratique mais aussi la gravité de la répression et des violences policières. Les libertés publiques, les libertés de manifester et d’informer, le respect des personnes restent des éléments clés quand la résilience - voire la réalité même - de la démocratie sont mises à l’épreuve. Et les successifs états d’urgence que nous traversons pourraient s’avérer pour elle de rudes crash-tests. Favoriser, susciter, nourrir les débats publics, tendre un miroir à une société incapable de réduire les inégalités, à des pouvoirs qui trop souvent se contentent de se maintenir par la violence ... le cinéma a ici encore un rôle à jouer...
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Rocks
Rocks (2019), la critique de B.G
Un film aussi pêchu et lumineux que poignant, concentré d’énergie et d’humanité solidaire. Rocks nous parle d’une Angleterre merveilleusement bariolée, métissée et donne une voix, des voix, à « la moitié » féminine et invisible du monde. Et c’est d’autant plus vrai que le film est le fruit d’un travail collaboratif atypique (comme on l’explique plus bas) qui lui confère une authenticité enthousiasmante…Olushola, en voilà un joli prénom qui parle de voyage, de contrées lointaines, alors que la jeune fille de 15 ans est une pure londonienne… Olushola que toute sa bande d’amies soudées et hautes en couleurs surnomment Rocks...
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Adolescentes
Adolescentes (2019), la critique de B.G
Sébastien Lifshitz est un super-héros, il a le don de se rendre invisible. Comment expliquer sinon qu’il parvienne si bien à se fondre dans le décor. Sa caméra se fait si discrète que ceux qu'elle filme semblent oublier jusqu’à son existence. On imagine la délicatesse du cinéaste, sa patience hors norme pour parvenir à saisir tant d’instants subtils, criants de vérité. Au sommet de son art, il nous offre ici une plongée au cœur de l’adolescence, un véritable bain de jouvence. Comme dans ses précédents et magnifiques documentaires – Les Invisibles(justement !), Bambi (disponible en Vidéo en Poche), Les Vies de Thérèse –, il nous dévoile une humanité sans fards tout en restant à une distance respectueuse, jamais voyeuse...
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Antigone
Antigone (2019), la critique de B.G
C’est une ode merveilleuse à la résistance et au sacrifice désintéressés face à un pouvoir inique. Dans la scène d’introduction, on découvre, face à la caméra, le visage encore enfantin et angélique de l’héroïne, interrogée par une femme hors champ dans ce qu’on imagine être un commissariat. On suppose qu’elle a été arrêtée, on ne va pas tarder à découvrir pourquoi.La jeune femme s’appelle Antigone, ses frères Etéocle et Polynice, sa sœur Ismène. Nous sommes bien là dans une adaptation très contemporaine de la tragédie de Sophocle qui a traversé près de 2500 ans sans prendre une ride...
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