Accueil » Les critiques de films proposées par les membres

Toutes vos critiques :

La Douleur
La Douleur (2017), la critique de B.G
Le premier plan saisit par sa beauté épurée. Un profil. Un grain de peau. Une énigme. Sans effet superflu, on est immédiatement happé. Nous voilà en immersion totale avec Marguerite et ses méandres. C’est passionnant. Emmanuel Finkiel s'est emparé de La Douleur et nous offre un récit et un personnage extraordinairement vivants, complexes, ancrés dans leur époque. Il met Marguerite en lumière sans angélisme, ne cachant ni sa fascination ni ses agacements face à cette femme qu’il nous livre sans fard, avant qu’elle soit devenue un monument de la littérature. Inutile d’avoir lu Duras pour être transporté. On peut même être complètement hermétique à son œuvre et se laisser emporter : on a au moins un exemple parmi nous… 1944 à Paris...
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L'Ordre des choses
L'Ordre des choses (2017), la critique de B.G
Tout le monde ou presque a déjà entendu l’indémodable « Range ta chambre ! » et sait que l'ordre des choses n'est pas à prendre à la légère. Faute de quoi, les punitions fuseront : privation de dessert, interdiction de sortie et corvée de vaisselle… Mais lorsque l'ordre des choses sous-entend l'ordre du monde, il faut y repenser à deux fois : se contenter de mettre au coin les responsables du désordre mondial, au-delà de l'aspect jubilatoire et purgatif de la scène, témoignerait d'un esprit d'initiative quelque peu insuffisant… Surtout que ces gringos-là sont bien entourés et se débrouillent généralement pour que d'autres se chargent à leur place d'assumer une situation dont ils n'ont pas su assurer (volontairement ou non) la gestion...
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Centaure
Centaure (2017), la critique de B.G
C'est un film qui nous vient d'un pays que l'on ne voit presque jamais ni au cinéma ni dans les feux de l'actualité. Un pays de grandes steppes qui furent traversées autrefois par des princes cavaliers. Un pays qui, avant de devenir indépendant en 1991, fut une des nombreuses républiques d'URSS au cœur de l'Asie centrale, coincée entre le Kazakhstan et la Chine. Mais il serait pour le moins réducteur de voir Centaure comme un joli objet exotique, dans le genre Connaissance du Monde… Car Centaure est bien plus que ça : à la fois drôle, beau et lucide, le film parle magnifiquement d'un monde a priori immuable qui s'effondre, tandis qu'un autre, façonné aux normes de la mondialisation à l'occidentale, pointe malheureusement son nez...
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Prévert fait son cinéma
Prévert fait son cinéma, la critique de B.G
Une rétrospective en 12 films et 5 courts en versions restaurées Si j'étais le patron de Richard Pottier (1935) Un oiseau rare de Richard Pottier (1935) Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir (1935) Jenny de Marcel Carné (1936) Les Disparus de Saint-Agil de Christian-Jacque (1938) Le Jour se lève de Marcel carné (1939)Remorques de Jean Gémillon (1939) Les Amants de Vérone d’André Cayatte (1949) Les Enfants du Paradis de Marcel Carné (1943)Sortilèges de Christian-Jaque Les Portes de la nuit de Marcel Carné (1946)Le Roi et l’oiseau de Paul Grimault (1981)
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Black Panther
Black Panther (2017), la critique de B.G
Black Panther débute alors que T'Challa, alias Panthère noire, vient de participer à l'affrontement entre Iron Man et Captain America. Le trône de Wakanda lui revient à la suite de la mort de son père. Panthère noire retourne chez lui pour être sacré roi. Si Wakanda vit en retrait du monde, son royaume en est le secret le mieux gardé. Le pays africain florissant et technologiquement avancé peut compter sur un minerai rare garant de l'avenir, le vibranium. Quand T'Challa sera défié par le super-vilain Erik Killmonger - en plus d'avoir le marchand d'armes Ulysses Klaue dans les pattes -, le bien-être de Wakanda sera compromis.Black Panther débute sur les chapeaux de roues avec des effets visuels spectaculaires...
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Finding Phong
Finding Phong (2015), la critique de B.G
Comment rendre compte d’un cheminement intérieur aussi intime que celui que poursuit Phong dans sa transition d’homme à femme ? Comment faire le récit de ce long processus qui engage la protagoniste jusque dans sa chair ? La question de la place de la caméra est d’autant plus cruciale que le rapport de Phong à son image est nécessairement complexe, entre rejet de son reflet et fantasme d’y voir surgir la femme qu’elle rêve de devenir. En confiant une caméra à Phong durant les premiers mois du tournage (qui s’est déroulé sur deux années), Tran Phuong Thao et Swann Dubus ont ainsi pu faire connaissance avec la protagoniste, tout en lui laissant le temps nécessaire pour commencer son chemin seule...
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L'Apparition
L'Apparition (2017), la critique de B.G
Jacques (Vincent Lindon) est grand reporter pour un journal du Sud-Ouest. Il a vécu des situations terribles sur des territoires en guerre qui l'ont laissé meurtri. Alors qu'il se replie sur lui même, se barricade dans une solitude douloureuse, il reçoit un mystérieux coup de téléphone du Vatican : il doit venir sans délai à Rome où un prélat qui apprécie son travail souhaite lui confier une mission particulière qu'il n'est pas question de divulguer avant qu'une rencontre ait lieu. Dans une petite ville du Sud-Est, une jeune fille au visage d'ange prétend avoir vu la Vierge et la curie romaine s'inquiète de l'ampleur que prend le phénomène...
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Wajib, l'invitation au mariage
Wajib, l'invitation au mariage (2017), la critique de B.G
« Je n’ai reçu aucun subside du gouvernement israélien. Cela aurait été vraiment étrange, impossible sur le plan éthique, d’accepter de l’argent de ce gouvernement. » Annemarie Jacir C'est un film lumineux qui accomplit la prouesse de décrire avec intelligence toute la complexité du vécu du peuple palestinien tout en restant étonnamment léger et tendre malgré la gravité des sentiments qui affleure souvent. Unité de temps : l'action du film se déroule sur une journée...
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La Juste route
La Juste route (2017), la critique de B.G
Le nouveau film de Ferenc Török, La Juste route, (1945) , présenté à la section Panorama de la 67e édition du Festival de Berlin raconte, en noir et blanc, une journée particulière d’un petit village hongrois à la fin de la Seconde Guerre mondiale, face à un passé qu’il faut oublier et un avenir menaçant. Le film tourne autour de la présence de deux juifs revenus au pays avec deux grandes caisses, suscitant la peur de ceux qui ont profité de leur persécution...
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Les Bienheureux
Les Bienheureux (2016), la critique de B.G
Après En attendant les hirondelles, le cinéma algérien n’en finit pas de nous surprendre par sa profondeur, sa délicatesse et sa complexité. Avec Les Bienheureux, c’est encore une autre histoire de l’Algérie qui s'exprime, qui nous raconte les blessures et les drames, les espoirs et les déceptions d’une société traversée par des vents contraires : la fougue d’une jeunesse qui se cherche et se perd parfois, les désillusions des adultes qui ont connu le goût des utopies, mais aussi celui du sang. Les « bienheureux » du film ne le sont pas parce qu'ils seraient nés sous une bonne étoile, ni parce qu’ils auraient eu un destin hors norme, ils le sont car vivants, tout simplement...
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La Caméra de Claire
La Caméra de Claire (2016), la critique de B.G
CANNES 2017: SÉANCE SPÉCIALE Chronique intime La caméra de Claire est le deuxième film que tourne Isabelle Huppert sous la direction du cinéaste coréen Hong Sang-soo, après In Another Country, présenté en compétition à Cannes en 2012, comme La femme est l’avenir de l’homme (2004) et Conte de cinéma (2005). La comédienne, nommée cette année à l’Oscar de la meilleure actrice pour Elle de Paul Verhoeven, qui lui a valu son deuxième César, y a notamment pour partenaires l’architecte égyptienne Shahira Fahmy et la comédienne  Kim Min-hee, remarquée l’an dernier dans le rôle-titre de Mademoiselle de Park Chan-wook, et aussi à l’affiche d’Un jour avec, un jour sans (2015) de Hong Sang-soo...
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Hannah
Hannah (2017), la critique de B.G
Un long solo par Charlotte Rampling : c’est ainsi que se présente le film franco-belge Hannah d’Andrea Pallaoro, en compétition à la Mostra de Venise, quatre ans après que le réalisateur ait présenté son premier long-métrage, Medeas , dans la section Orizzonti. L’actrice britannique, une icone de la beauté raffinée et inaccessible, livre dans Hannah une performance magnifique, tout en retenue bien que Rampling ne craigne pas de montrer son corps dénudé de femme de 71 ans. L’histoire, inspirée d’un fait divers, est dévoilée lentement, à travers de petits éléments qui se mettent progressivement à former un tragique puzzle...
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L'Insulte
L'Insulte (2017), la critique de B.G
Voilà un film d'une intelligence rare, porté par des acteurs remarquables (le prix de Kamel El Basha à Venise n'a pas été volé), qui nous donne des nouvelles d'un pays dont toute l'histoire a été marquée par la violence et la guerre civile, et qui évoque la difficile mais toujours possible réconciliation d'humains aux histoires antagonistes.Et comme souvent dans les films réussis, la grande Histoire se nourrit des petites histoires, celles qu'on pourrait au premier abord juger anecdotiques, voire insignifiantes. Nous sommes à Beyrouth Est, dans le quartier chrétien – malgré la fin de la guerre dans les années 1990, la géographie de la ville est encore marquée par la juxtaposition des communautés...
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Jusqu'à la garde
Jusqu'à la garde (2016), la critique de B.G
Un couple se sépare. Trop banale issue d’une histoire d’amour qui s’est perdue en chemin, laissant sur le bord de la route les deux enfants dont il faut pourtant impérativement tenir compte, si possible sans faire trop de dégâts collatéraux. La famille Besson a éclaté en mille morceaux et la tension est palpable en cette ultime audience devant la juge : Madame et Monsieur, chacun flanqué de son avocate, viennent exposer leur point de vue sur les modalités du divorce. L’enjeu est de taille puisque Madame demande la garde exclusive du fils cadet (la fille aînée, elle, a l'âge de choisir) alors que Monsieur réclame la garde alternée...
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Le 15h17 pour Paris
Le 15h17 pour Paris (2017), la critique de B.G
Une scène de terreur dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris. 560 passagers à bord et un terroriste jihadiste armé jusqu'aux dents, qui s'apprête à faire un carnage. Le drame avait été évité grâce à l’intervention de simples passagers, trois touristes américains. Le dernier film de Clint Eastwood est une fiction directement inspirée de l'attentat du 21 août 2015. Et pour le casting de son 36e film, le réalisateur a fait un pari risqué : faire jouer les vrais héros de cette histoire. Anthony Sadler, Alek Skarlatos et Spencer Stone se connaissent depuis toujours. Ils ont fréquenté les mêmes écoles et suivi les mêmes formations militaires, prônant le patriotisme et l'amour du prochain. Dans le film, d'autres passagers du Thalys ont joué leur propre rôle...
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Wonder Wheel
Wonder Wheel (2016), la critique de B.G
Et dire que certains pensent encore qu'il tourne toujours le même film ! Avec cette variation tragique à la théâtralité assumée qui évoque Tennessee Williams et Eugene O'Neill, Woody Allen prolonge les réflexions sur le hasard et le destin de ses récent opus – L'Homme irrationnel tout particulièrement – en plongeant quatre personnages dans un Coney Island sublimé par la lumière de l'incomparable Vittorio Storaro… Allen livre l'un de ses films les plus sombres, où la destinée attend au coin de la rue des personnages en quête de bonheur, bercés par de chimériques illusions...
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Jean Douchet, l'enfant agité
Jean Douchet, l'enfant agité (2017), la critique de B.G
On attribue à Jean Douchet tous les surnoms : on l’appelle le « Sphinx des Cahiers du cinéma », ou encore le « Socrate du cinéma ». Difficile de définir sa place, il écrit peu, réalise peu. Pourtant tous les amoureux du 7e art reconnaissent son rayonnement. Son grand oeuvre est d’être un pygmalion, de révéler des artistes en leur transmettant son amour du cinéma. Plume emblématique des Cahiers du cinéma (dont il sera le rédacteur en chef adjoint, bras droit d’Éric Rohmer, entre 1958 et 1963), Jean Douchet, en véritable découvreur de talents, y fera entrer quelques figures désormais indissociables du magazine mythique, telles que Barbet Schroeder ou encore Serge Daney...
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Le Grand Jeu
Le Grand Jeu (2017), la critique de B.G
Molly Bloom a cessé d'organiser des parties de poker clandestines depuis deux ans lorsque le FBI frappe à sa porte en pleine nuit avec un mandat d'arrêt. L'ex-championne olympique de ski, qui vient de faire paraître un ouvrage racontant sa carrière, a tôt fait de comprendre qu'aux yeux de l'agence fédérale, elle représente une carte maîtresse. Celle qui permettra aux enquêteurs de découvrir l'identité des célébrités, des gens d'affaires et surtout, des membres de la mafia russe qui participaient à ses soirées durant lesquelles des centaines de milliers de dollars changeaient de mains...
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Une saison en France
Une saison en France (2016), la critique de B.G
C'est le nouveau film, tourné en France, d'un des plus grands cinéastes africains actuels. Après avoir sublimé et exploré sans complaisance, dans plusieurs films mémorables(Daratt, saison sèche, Un homme qui crie, Grigris), la réalité et les fictions de son Tchad natal, Mahamat-Saleh Haroun, qui vit le plus souvent en France, a pensé qu'il fallait maintenant qu'il « questionne la mémoire de l'exil qui se fabrique ici, qu'il montre des visages qu'on ne voit pas souvent dans le cinéma dominant...
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Astérix : Le domaine des Dieux
Astérix : Le domaine des Dieux (2014), la critique de B.G
Rendons d’abord à César ce qui appartient à Goscinny et Uderzo :Astérix et le Domaine des dieux est l’un des meilleurs albums des aventures du petit Gaulois et de son village d’irréductibles. Alexandre Astier a d’autant mieux choisi cet album qu’il résonne avec la société actuelle, où l’environnement, le tourisme de masse et les grands ensembles sont devenus des problèmes particulièrement « Irréductibles »... Nous sommes, donc, en 50 avant Jésus-Christ : l’envahisseur romain a presque gagné, mais tout est dans le « presque », avec ce satané village qui, décidément, résiste. Dans son palais tout en marbre, Jules César a une idée diabolique...
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